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Extrait ajouté par emelinevdc76 2020-07-09T19:28:41+02:00

« Ève est la première Fantasiste, le prototype original. Elle a des yeux noisette et des cheveux argentés. Aujourd’hui, elle porte le diadème qu’on lui a offert à l’occasion du bicentenaire du parc, un bijou en cristal serti d’un minuscule oiseau en saphir. Elle me fixe mais je me détourne – je l’évite depuis que les Superviseurs lui ont accordé la primeur dans le choix des tenues, ce matin. Bien sûr, elle a choisi celle que je voulais, une robe en dentelle espagnole exquise, couleur lavande métallisée.

— Reconnaissance éternelle, ajoute-t-elle.

— Reconnaissance éternelle, répondons-nous doucement, quoique je m’exprime sans grand enthousiasme.

Nia me serre fort la main, puis la lâche. Je lève la tête mais ses yeux bleu-vert sont perdus dans le vague et, déjà, elle s’éloigne, faisant virevolter ses cheveux noirs. »

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Extrait ajouté par queenregina 2020-06-05T15:26:34+02:00

Bien sûr, c’est Nia que j’ai choisie.

Hélas, je remarque qu’elle agit encore de manière… étrange. Elle ne parle pas beaucoup, et elle semble léthargique. Je me demande si elle prend bien tous ses compléments alimentaires.

Peut-être que je n’ai aucune raison d’éprouver de l’inquiétude (si c’est ainsi que s’appelle cette sensation). Peut-être que la sérénité de la savane saura nous redonner un peu d’entrain.

Malheureusement, je comprends vite que la sérénité ne sera pas au rendez-vous.

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Extrait ajouté par queenregina 2020-06-05T15:25:43+02:00

Dr FOSTER : Est-ce que tu t’es disputée avec Owen le soir de sa disparition ?

ANA : On ne s’est pas disputés. On a eu une discussion.

Dr FOSTER : Plutôt houleuse, cette discussion, si j’en crois les images de la vidéosurveillance.

ANA : Il était fâché.

Dr FOSTER : Pourquoi ?

ANA : À cause d’un incident qui avait eu lieu plus tôt.

Dr FOSTER : C’est vrai… Une visiteuse, c’est ça ? Elle a dit quelque chose à ton sujet ?

ANA : Oui. Elle m’a traitée de choses affreuses.

Dr FOSTER : Comme quoi ?

ANA : [Silence.]

Dr FOSTER : Ana ?

ANA : Elle a dit que j’étais un monstre.

Dr FOSTER : Et pourquoi cela aurait-il dérangé Owen ?

ANA : Comment ça ?

Dr FOSTER : Eh bien… C’est vrai que tu es un monstre, dans un sens. C’est d’ailleurs ce qu’Owen pensait lui aussi, non ?

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Extrait ajouté par queenregina 2020-06-05T15:23:44+02:00

Les heures deviennent des jours, les jours des saisons. Printemps, été, automne, hiver, mes sœurs et moi nous disséminons dans le parc telles des aigrettes de pissenlit dans le vent. La question qui tournait et retournait dans mon esprit, ce signal inquiétant d’un problème avec Nia, se transforme peu à peu en un lointain bourdonnement, si discret que je ne le ressens plus qu’en pleine nuit.

Le reste du temps, il disparaît tout à fait.

Entre les innombrables spectacles et défilés obligatoires qui ponctuent nos journées, nous sommes libres de nous promener où bon nous semble, une demi-heure par-ci, une heure par-là. En général, je passe mes matinées à flâner dans les rues pavées du royaume de la Magie, là où l’air fleure bon les gâteaux sortant du four. Je vais toujours dans mes lieux favoris. La Palmeraie Royale, par exemple, où après avoir observé une mère cajoler son bébé en pleurs, j’ai ressenti pour la première fois la chaleur – non la température relevée par les capteurs sous ma peau, mais une autre sorte de chaleur, une chaleur qui a irradié en moi tel un rayon de soleil. Je me rends au Pavillon des Contes de Fées, devant lequel j’ai vu deux visiteurs renouveler avec émotion leurs vœux de mariage, ce qui a fait monter des papillons de bonheur dans ma poitrine. Ou encore à l’intersection de la sente du Haricot Magique et de la ruelle des Ronces où, quand j’ai sauvé un petit garçon qui se trouvait sur la trajectoire d’un tramway lancé à pleine vitesse, j’ai ressenti pour la première fois une légèreté indescriptible, comme si je m’étais métamorphosée en plume et que la brise m’avait emportée.

Certains jours, j’invente des chansonnettes sur ce que je vois.

— Le puits aux souhaits, j’y suis tombée, et mon vœu a fait demi-tour ! / Le pâtissier, très occupé, qui ne me dit jamais bonjour !

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Extrait ajouté par queenregina 2020-06-05T15:22:25+02:00

Ève est la première Fantasiste, le prototype original. Elle a des yeux noisette et des cheveux argentés. Aujourd’hui, elle porte le diadème qu’on lui a offert à l’occasion du bicentenaire du parc, un bijou en cristal serti d’un minuscule oiseau en saphir. Elle me fixe mais je me détourne – je l’évite depuis que les Superviseurs lui ont accordé la primeur dans le choix des tenues, ce matin. Bien sûr, elle a choisi celle que je voulais, une robe en dentelle espagnole exquise, couleur lavande métallisée.

— Reconnaissance éternelle, ajoute-t-elle.

— Reconnaissance éternelle, répondons-nous doucement, quoique je m’exprime sans grand enthousiasme.

Nia me serre fort la main, puis la lâche. Je lève la tête mais ses yeux bleu-vert sont perdus dans le vague et, déjà, elle s’éloigne, faisant virevolter ses cheveux noirs. Dans le soleil, sa robe haute couture satinée d’argent rutile comme des écailles de poisson. Ainsi nommée en l’honneur de la nymphe des mers de la mythologie maorie, Pania (que nous appelons toutes Nia) est ma plus jeune sœur – et ma préférée. Elle passe ses journées à susciter l’émerveillement des foules au royaume des Mers grâce à ses chansons, ses danses et ses plongeons dans les profondeurs émeraude et glacées du Lagon des Sirènes.

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Extrait ajouté par queenregina 2020-06-05T15:21:12+02:00

Mes paupières s’ouvrent à l’aube, mais ce n’est pas un vrai réveil.

Nous ne dormons pas, mes sœurs et moi. Ou du moins, pas comme le font les humains.

Non, nous nous reposons.

Mère appelle ça les « heures de répit ». Entre minuit et 6 heures du matin, nous sommes étendues dans nos lits, telles des statues, les yeux fermés mais l’esprit alerte, afin de purger nos fichiers système, d’installer des mises à jour et de traiter les événements de la journée. Ces longues périodes de calme peuvent s’avérer difficiles à gérer pour mes jeunes sœurs, qui exécutent ces tâches avec plus de rapidité que nous autres (Zara et Zel demandent régulièrement à en être dispensées, en vain). Mais, pour moi, cette immobilité et ce silence font des heures de répit le meilleur moment de ma journée. Elles n’appartiennent qu’à moi, et je suis ainsi libre de lire les œuvres de Shakespeare, d’Austen et de Tolstoï, d’admirer les tableaux de Frida Kahlo et de Mary Cassatt, de jouer les symphonies de Mozart et de Bach, ou encore de me pencher sur les derniers ajouts à mon cours de cantonais. Nuit après nuit, je m’aventure aussi loin que me l’autorisent les pare-feu et j’explore virtuellement – et en toute sécurité – le monde au-delà de notre enceinte. Cinéma, musique, beaux-arts, science, littérature, mathématiques, astronomie. De cette façon, j’ai visité d’antiques tombeaux égyptiens, j’ai suivi des chars dans les rues de Pompéi, j’ai gravi les 1 665 marches qui mènent au sommet de la tour Eiffel. Une fois, j’ai fait le voyage de la Terre à la Lune dans une fusée spatiale.

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Extrait ajouté par MadameRatou 2020-03-22T15:26:16+01:00

Il est si près de moi que je ne sens plus que son parfum unique — le sel, les agrumes, et comme une odeur de fumée lointaine. La fumée d’une fusée de détresse.

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Extrait ajouté par MadameRatou 2020-03-22T15:25:43+01:00

La laideur est contraire au règlement.

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Extrait ajouté par MadameRatou 2020-03-22T15:24:32+01:00

Nous sommes assis au sommet du Géant de Métal, mais l'attraction est éteinte pour la nuit. Sous nos pieds, le parc est parfaitement silencieux. Tout un monde dédié au bonheur éternel.

Un monde qui nous appartient.

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Extrait ajouté par MadameRatou 2020-03-22T15:22:54+01:00

Les fins heureuses n’arrivent que dans les romans. Et les romans sont des mensonges.

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