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Commentaires de livres faits par Rowena77

Extraits de livres par Rowena77

Commentaires de livres appréciés par Rowena77

Extraits de livres appréciés par Rowena77

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 21-05
Maxime a 11 ans et demi, un nombre certain de peurs et d'angoisses qui la rendent touchante et anxieuse de plein de petites choses au quotidien.
En plus de ses terreurs nocturnes, elle ressent ses premiers émois amoureux pour sa meilleure amie Chloé. Des sentiments que la jeune fille ne comprend pas immédiatement.
En être curieux et rationnel, avide de lecture, elle tente de comprendre ce qu'elle ressent, de mettre des mots sur cet amour. De se documenter, de poser les bonnes questions aux bonnes personnes.
Doux et rassurant, c'est un très beau roman en vers libres à destination des pré-ados, un texte positif et nécessaire que toute bibliothèque devrait avoir.
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Marie, 18 ans, vient de perdre sa mère, grand reporter, victime d'un accident de la route. Hell-O / Léo, jeune hacker, lui fait comprendre que sa mort pourrait ne pas être le fruit du hasard puisqu'elle enquêtait sur une compagnie de smartphones "écologiques"… Andrea, la marraine de Marie, journaliste elle aussi, va venir renforcer leurs maigres effectifs.
Entre investigations pures et dures et bidouilles informatiques, l'enquête prend son rythme et nous apprend plein de choses sur le trafic de minerais rares en Afrique, la façon dont les enfants y sont exploités et sur le fameux "greenwashing" d'entreprises sans scrupules.
Un premier volume instructif et palpitant ! On a hâte de connaître la prochaine affaire du trio BlackBone.
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PLS écrit par Joanne Richoux
date : 18-05
Mon premier Joanne Richoux.
Ce n'est pas mauvais, il y a clairement une patte, un style, une ambiance. Je pense juste que ce n'est pas ce que j'apprécie moi. C'est trop brutal, abrupt.
Autant j'arrive à apprécier le côté écorché vif de certains écrits d'Antoine Dole, autant ici j'ai eu beaucoup de mal à m'identifier à Sacha, à ses errances, à son mal-être.
Pour autant, certains passages, ceux liés à Elle, sont très beaux… Je suis donc très partagée et je lirais sûrement un autre roman de l'autrice pour me faire un avis plus clair sur la question.

Par contre, je tire volontiers mon chapeau à Actes sud pour le choix de la couv', elle reflète complètement l'ambiance hallucinée / sensuel ainsi que les multiples niveaux de lectures de ce roman.
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Un premier roman tout à fait réussi, avec une belle galerie de personnages et un univers riche et enthousiasmant. Hyperborée, ses niveaux, ses tours, ses tortues qui permettent de passer d’un étage à l’autre... La couverture rend tout à fait hommage à l’inventivité de l’autrice en la matière !

Comme souvent en littérature de l’imaginaire, ceux tout en haut ont droit aux doux rayons du soleil, à l’eau potable et à l’apprentissage de la magie tandis que ceux du bas récupèrent leurs eaux usées et triment comme des damnés, sans grand espoir d’améliorer leurs conditions de vie.
L’opposition entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien est assez criante. De ce fait, Lastyanax, issu du 1er niveau, fait figure d’exception. Son intelligence et son ambition l’ont aidé à se hisser au 7ème niveau, celui tant convoité des mages.

Outre les inventions magiques brillantes comme le lémure ou la malédiction-miroir qui bouleversent totalement l’intrigue et lui donnent un nouveau souffle, j’ai également apprécié la dimension politique du récit. Car, si la naïveté de Lastyanax met souvent en péril l’avancée de leur enquête concernant le meurtrier de son propre mentor, le voir traquer le(s) coupable(s) avec sa disciple Arka, l’autre héroïne de ce livre, fut un vrai délice. J’ai aimé les voir en mauvaise posture, se découvrir mutuellement, se confier l’un à l’autre au-delà du lien mentor / élève qui les rassemblent. Ils se complètent parfaitement et forment un duo particulièrement attachant.

La Ville sans vent est une belle introduction, centrée quasi exclusivement sur la cité d’Hyperborée, ses runes magiques mais aussi sa politique injuste envers les femmes et les sans pouvoirs. Dans les dernières pages, on sent un vent d’aventure nous effleurer. Espérons que le deuxième tome tiendra toutes ses promesses et que l’on découvrira enfin les cités de Thémiscyra, Napoca et le fameux peuple des Amazones !
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J’aime beaucoup l’idée de départ de l’autrice, à savoir suivre une ancienne cuisinière parisienne, devenue serveuse après son burn-out, dans son nouveau quotidien en Bretagne. Si personne de mon entourage n’a fait de la cuisine son métier cela reste une activité que nous partageons en famille, préparer des bons petits plats, pour petites ou grandes tablées. On retrouve cet esprit de générosité chez l’héroïne, Adèle, un personnage positif et bienveillant.

Trois ans se sont écoulés depuis qu’elle a fui les cuisines des restaurants huppés de Paris et le stress quotidien de la capitale et si, jusqu’ici, Joséphine, sa nouvelle patronne et amie, l’avait laissé prendre ses marques tranquillement, c’est désormais terminé.
Pour elle, il n’y a pas de doute, Adèle est faite pour cuisiner et reprendre sa crêperie. Bientôt vient l’ultimatum : la reprise ou la fermeture définitive des lieux.
Joséphine a tout prévu, léguer sa crêperie à Adèle et à Adrien Langlois, petit-fils de son premier amour défunt, devenu un homme d’affaire émérite. Ce qu’elle n’avait pas planifié, c’était l’attirance immédiate et irrésistible entre eux...

L’idée est bonne, le décor romantique et pluvieux à souhait mais je ne sais pas, j’ai trouvé tout cela un peu lent. On s’arrête souvent sur les nombreux doutes d’Adèle, de façon peut-être trop régulière au point de « casser » le rythme du livre.
Adrien me semblait un peu trop arrogant et macho pour que je m’attache vraiment à lui au départ mais l’autrice parvient à le rendre plus sympathique au fur et à mesure de la lecture. Si l’histoire d’amour ne m’a forcément emballé, j’ai beaucoup aimé l’amitié entre Adèle et Elisa, leur façon de se soutenir dans tous leurs projets, même les plus fous, les rend terriblement attachantes.
Un roman feel-good divertissant donc, que je recommande à ceux qui cherchent une jolie histoire d’amour mais surtout une belle histoire d’amitié.
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Je partais déjà très enthousiaste car j’avais adoré son précédent roman Les poisons de Katharz. J’étais donc impatiente de me plonger dans ce titre jeunesse / ado et retrouver l’humour ravageur d’Audrey Alwett.

C’est un roman particulièrement vivant et animé : les chapeaux changent votre apparence, les tartes s’envolent et les boutiques peuvent changer d’emplacement à leur gré... L’influence de Miyazaki, Rowling et Dabos se ressent mais on se rassure vite car l’autrice a su créer un univers bien à elle.
Un univers où la magie est considérée comme rare et doit être surveillée… Les sorciers se voient dans l’obligation de porter un sablier limitant son utilisation, sous peine de se voir emprisonner dans l’horrible prison de Saint-Fouettard. Point de formules magiques ici, tout se fait par les runes tracés sur papier ou dans l’air grâce aux mains.

On apprend tout cela en même temps que Charly. Le jeune adolescent va découvrir que Dame Mélisse, sa grand-mère, disparue cinq ans plus tôt, était une grande magicienne. La réapparition de son aïeul, sans le moindre souvenir de sa vie passée, va le pousser à mener l’enquête et à découvrir cet autre monde en apparence merveilleux mais aux dirigeants autoritaires et sans scrupules.
Si des actes terribles sont commis à certains moments du récit, l’ensemble reste joyeux et drôle. Pépouze la serpillère et Mandrin, le chat familier de Charly, jouent leur rôle de mascottes turbulentes et attachantes à la perfection tandis que les madeleines de réconforts, les apocachips et autres balais-buissons apportent une légèreté bienvenue à une histoire parfois fort sombre.

Les rebondissements crées par l’autrice, bien amenés et inattendus, m’ont également agréablement surprise ! Quant à la fin de ce premier volume, elle nous laisse dans l’expectative, telle la fin de saison d’une série palpitante. Une excellente aventure que je me réjouis de continuer !
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date : 03-05
Lilou, 16 ans, est une jeune fille épanouie. Elle a une solide bande d’amis sur qui elle peut compter et elle se prépare sérieusement à son oral de français prévu en fin d’année. En somme, une lycéenne ordinaire.
Hélas, le cancer de la mère de Lilou, Caroline, fait son grand retour, l’obligeant à rester hospitalisée. Edouard, le papa poule, celui dont elle a toujours été proche, lui demande de ne pas lui rendre visite, sur les conseils du médécin, et de penser à ses études avant tout.
L’adolescente, dont les rapports avec sa mère n’ont jamais été au beau fixe, obtempère dans un premier temps, puis décide de lui rendre visite. En cachette. Elle découvre que son père, loin de faire manger sa mère et de lui tenir compagnie comme annoncé, passe juste récupérer le linge sale. Pire, elle le surprend en train de lui dire que Lilou ne veut pas lui rendre visite…
Le malaise s’empare de la jeune fille, et de nous lecteur. Pourquoi un tel mensonge ?

Le titre est tellement bien trouvé : il rappelle évidemment cette joyeuse comptine qu’on a fredonné enfant, plein de naïveté, sans tout à fait comprendre ce que ces mots impliquent de cruauté. Un titre qui donne le ton entier de ce roman ado.
Car, sans vous en dire davantage, la situation va aller de mal en pis pour Lilou, prise dans les filets de ce père manipulateur, soufflant le chaud et le froid en permanence.
L’escalade est glaçante, terrifiante, asphyxiante. Chaque fois qu’on se dit qu’il ne pourra pas aller plus loin, on est vite détrompés. Bien sûr, on se doute de certaines choses mais on n’anticipe, on n’imagine pas tout, loin de là...
Être sous le joug d’un pervers narcissique, qui plus son propre père, brrr ! J’en frissonne encore !
Ne vous privez pas de ce thriller psychologique, réussi et instructif, il se dévore avec plaisir !
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date : 02-05
Samaa vit dans le désert avec sa mère et les membres de son clan. Celui-ci survit en coupant les rares arbres cachés dans les trouées de ce milieu inhospitalier. Depuis toujours, la pré-adolescente rêve de suivre les traces de son père décédé et devenir chasseuse elle aussi, un poste hélas réservé à la gente masculine.
Aussi, quand une nouvelle expédition se prépare, suit-elle discrètement le groupe. Une initiative qui ne sera pas sans conséquences…

Je me suis énormément attachée à Samaa qui, pourtant au départ, se révèle être la digne fille de son père. Pour elle, sans arbre coupé, pas d’argent, sans argent, pas d’eau gélifiée, de bouteilles d’oxygène ou de nourriture. Dans cet univers à la Mad Max (sans les moteurs qui vont avec), le bohis / le bois est une denrée rare et précieuse, pour ceux de la grande ville qui veulent posséder des meubles luxueux et sont prêts à y mettre le prix. Plus personne ne se rappelle le rôle que la forêt joue dans notre survie, Samaa comprise. Sauf peut-être l’Ancienne, la conteuse excentrique de la tribu, arguant qu’avant les mers, les forêts existaient...

En digne héritière de Calpurnia, elle va apprendre cette vérité par elle-même, à la dure, grâce à son sens de l’observation et sa vive intelligence.
Sans être pour autant moralisatrice, l’autrice nous invite à regarder autour de nous cette faune et cette flore magnifiques, à profiter des choses simples que la nature nous offre, à vivre en harmonie avec elle et non dans la consommation et la destruction permanentes de ce qui nous entoure.

Ce court roman, mi-dystopie / mi-fable écologique, m’a bouleversé bien davantage que certains essais alarmistes sur le sujet. Achetez-le pour vos adolescents, pour vous-même, lisez-le ensemble, en plus de lire une histoire magnifique, vous aurez certainement matière à échanger en famille.
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date : 01-05
Louise pensait qu’elle en avait fini avec les drames: l’accident de voiture qui lui a pris sa mère et lui a laissé tant de cicatrices lui ont fait revoir ses priorités. Fini le temps où, avec ses anciennes amies, elle jouait de son apparence et se moquait des autres élèves. Fini la superficialité et la popularité. Louise, désormais, n’apprécie plus que la compagnie des livres et celle de Tom, un autre bibliophile sensible et attentionné.

Mais un évènement en apparence isolé va à nouveau bouleverser son quotidien. L’une de ses camarades de classe est retrouvée cachée dans un vestiaire de la piscine, dotée de poils, de griffes et de crocs. Une photo de l’adolescente tourne bientôt sur les réseaux sociaux, et on comprend vite qu’elle n’est pas la seule à se métamorphoser. A changer. A muter.
Petit à petit, toutes les adolescentes deviennent des « Félines », Louise compris.

Le témoignage de Louise nous apporte un éclairage très personnel, et en même temps, très globale sur leur situation. D’abord honteuses et préoccupées du regard d’autrui, Louise et ses semblables en viennent à accepter pleinement leur nouvelle apparence.
Une compréhension qu’est loin d’avoir le grand public puisque cette mutation est vue comme une maladie, quelque chose qu’il faut contrôler, maîtriser avant qu’il ne soit trop tard.

Au départ, il n’y a « que » les insultes. Puis, vient le temps des agressions et, enfin, celui des lois injustes dictées par la peur de l’autre. Obligées de porter des aubes intégrales et une pièce d’identité accrochée de façon visible à leurs vêtements, les félines sont ainsi cachées de la population mais repérées des autorités. Seulement, le marquage ne suffit bientôt plus…

Tout est parfaitement crédible dans cette histoire fantastique : le recours à la religion pour stigmatiser un groupe, la montée des intégrismes dans les deux groupes, ordinaires ou mutants, la création de lois arbitraires, la censure des médias. Des procédés connus, à l’actualité brûlante.

L’auteur met l’accent sur ce qui nous lie, sur ce qui nous manque. La solidarité et l’entraide, le lien à la nature regagnée par ces jeunes mutantes, l’affirmation de soi, l’éveil politique et la lutte pour une cause plus grande que nous. C’est tout cela Félines, un roman puissant et militant qui donne envie de se battre pour un monde plus juste.
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date : 30-04
La chick-lit n’est pas nécessairement ma tasse de thé mais il m’arrive d’en lire ponctuellement. Le confinement mettant à mal ma concentration, j’ai profité de la gentillesse de Netgalley et de l’éditeur Harper Collins pour lire mon premier Emily Blaine. Je priais pour tomber sur une bonne pioche, à l’image de Lisa Kleypas et sa ronde des saisons, une « Austennerie » historique, psychologique et sensuelle, que j’avais pris un réel plaisir à lire.

Nous, envers et contre tout fut une agréable surprise, une nouvelle sans rapport de domination, sans rebondissements rocambolesques. Pas tout à fait le tout début d’une histoire d’amour mais presque.
Gemma et David, deux amis proches, ont cédé non pas une mais trois fois à la tentation de coucher ensemble. Si le jeune homme semble sûr de ses sentiments et poursuit la dame de ses pensées de ses assiduités, notre héroïne semble plus indécise. Angoissée, prudente et peu sûre d’elle, Gemma va se faire opposer la séduction et la franchise la plus totale pour faire céder ses dernières barrières psychologiques...

J’ai beaucoup apprécié David : son besoin de clarification, son désir de communiquer, sa fragilité quand il se confie enfin, sa patience. Voilà un personnage masculin résolument positif.
Si certains personnages secondaires m’apparaissent seulement ébauchés, notamment les deux meilleures amies de Gemma, je l’attribue davantage à la brièveté de la nouvelle.
Une brièveté qui pourra frustrer le lecteur car on aimerait beaucoup connaître la suite de cette idylle naissante. Toutefois, assister à la naissance de ce couple, malgré les doutes de l’une ou le passé tourmenté de l’autre, vous mettra du baume au cœur et vous apportera un peu de douceur bienvenue. Une lecture réconfortante qui me donnera certainement envie de lire d’autres Emily Blaine cet été.
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Tout débute par l’assassinat du personnage principal, Leila, prostituée d’origine turque, jetée sans scrupules dans une poubelle. Un début assez classique pour un polar, me direz-vous, sauf qu’ici la découverte de l’identité des meurtriers de Leila n’est pas ce qui nous tient en haleine.
Par un procédé habile, Elif Shafak maintient le cerveau de Leila en vie pendant encore 10 minutes et 38 secondes, le temps nécessaire pour l’héroïne de se souvenir des nombreuses tragédies et des quelques grandes joies de son existence. Charge au lecteur d’assembler le puzzle de ses souvenirs disparates.

Et quels souvenirs… Après une enfance terrible, on imagine que le départ de Leila pour Istanbul ne pourra qu’améliorer sa situation. En vain. Quand on arrive adolescente, sans le sou et sans contact, le choix de carrière est assez limité…

Malgré tout, Leila se fait 5 amis fabuleux qu’on aura plaisir à rencontrer et dont on aurait aimé connaître davantage le passé. Deux pages d’interlude semble bien court pour faire leur connaissance, surtout quand on constate que leurs épreuves et leur courage valent bien ceux de Leila.
La deuxième partie du roman tourne d’ailleurs entièrement autour des conséquences que cette mort aura sur cette petite bande de marginaux.

Si intéressantes soient-elles, les flashbacks de Leila ne sont qu’un prétexte pour évoquer la condition féminine en Turquie à divers époques. L’évolution politique et religieuse dans le pays, son impact sur la vie de famille, sur la façon dont les femmes doivent s’habiller, se comporter. Les mariages arrangés, l’intolérance criante quant aux transsexuels. Les peines de prisons réduites pour les violeurs de prostituées jusqu’en 1993. Toutes ces infos sont glissées, mine de rien, au travers des mésaventures de Leila et de ses ami.e.s. Et on apprend de belles…

Il s’agit de ma première incursion en littérature turque et j’en ressors agréablement surprise.
J’ai beaucoup apprécié la plume d’Elif Shafak. Que ce soit dans sa façon de nous renseigner sur son pays ou dans sa manière de rendre hommage à la solidarité féminine et à l’amitié qui, quand elle est véritable et profonde, peut faire transgresser bien des lois…
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date : 26-04
Sans connaître le titre ou le nom de l'auteur, on sent quelque chose de très « latin » dans cet ouvrage. Cela chante à l’oreille souvent, le rythme est bondissant, presque "bavard". L’auteur saute de personnage en personnage, de rue en rue, parfois d’objet en objet. Les paragraphes sont d’une longueur rappelant la prose de ce cher Proust mais le ton n’y ressemble en rien. C'est lyrique, poétique, foisonnant. On frôle sans cesse le fantastique sans le rejoindre tout à fait, à la manière de Gabriel Garcia Marquez.
Nana, le cheval de courses acheté par le père de Mimmo, symbolise à elle seule Borgo Vecxhio, courant à vive allure pour échapper à la douleur, dans l’espoir de retrouver sa liberté.
Chacun des personnages rêve de quitter sa vie étriquée ou tourmentée. Le jeune Cristofaro aimerait que son père cesse de le battre chaque soir, son ami Mimmo n’aspire qu’à s’enfuir avec la belle Celeste. Celeste, fille de Carmela, la prostituée notoire de la ville, en lecture permanente sur le balcon familiale pour ne pas déranger les activités de sa mère. Quant au génial Toto le voleur, celui qui court si vite que les gendarmes n’arrivent jamais à l’attraper, il aspire à un bonheur simple et à une « retraite » méritée.
Mais à Borgo Vecchio, si les rêves touchent au sublime, la sombre réalité finit toujours par vous rattraper…

L'auteur a réussi le tour de force, malgré la brièveté de son roman, d'étoffer chacun de ses héros et de les rendre inoubliables. Si vous êtes à la recherche de « réalisme magique » saupoudré d’une pointe de tragédie, ce livre est pile ce qu’il vous faut !
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Angélique, la mal-nommée, a le rire et la vanne faciles. Ses frères et sœurs, ses parents, sa meilleure amie Annabelle, ses camarades de lycée ou ses profs, personne n’est épargné par ses répliques cinglantes. Que ce soit en face-à-face ou par l’intermédiaire de son journal intime d’ailleurs.
Car, à l’instar d’Aurore, le personnage de Marie Desplechin, Angélique nous raconte son quotidien au jour le jour, avec humour et mauvaise foi. Décapant mais tellement jouissif à lire !
Si la verve d’Angélique la rend si intrigante, à nos yeux comme à ceux des garçons, ce n’est pas l’unique atout de son héroïne. Cachant sa sensibilité et son manque de confiance en elle derrière ses manières brutales, le personnage gagne petit à petit en profondeur dès lors qu’elle baisse sa garde et accepte de s’ouvrir aux autres, que ce soit avec Hadrien ou le beau Bastien, son redoutable alter ego.
Loin d’une énième romance niaise et clichée, loin des personnages féminins fades et passifs, La grâce du dindon déplumé est la bouffée d’air dont tout ado a besoin en ce moment ! En tout cas, à titre personnelle, elle m’a fait énormément de bien en cette période de confinement !
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date : 12-04
Avant de commencer ce livre, on m’avait annoncé que Dégels me rappellerait certains romans de Laura Kasischke, l’une de mes autrices préférées. Je partais donc avec de grosses attentes !
Bien sûr, l’atmosphère de ce livre m’y a fait songé, le fait qu’il se passe en Russie également mais je n’y ai pas retrouvé « l’inquiétante étrangeté » si caractéristique d’Esprit d’hiver ou La couronne verte. Toutefois, Philipps ne démérite pas, le construction chaotique de son roman reste habile et la psychologie des personnage criante de vérité.

Passons à l’histoire. Dans la péninsule du Kamtchatka, nous assistons, dans un premier chapitre glaçant, au kidnapping de deux petites filles de 8 et 11 ans, Alyona et Sophia. Puis, à chaque chapitre, s’écoule un mois, un mois où nous nous retrouvons dans l’esprit d’une femme. Puis encore une autre. Jusqu’à ce qu’un an se soit passé depuis leur disparition.
L’enlèvement et l’enquête, s’ils ne disparaissent pas de la trame, passent au second plan et c’est les inquiétudes, les désirs, les peurs de toutes ces femmes qui nous sont révélés, les conséquences que cette tragédie a pu avoir sur leur propre existence.
Aussi habile soit-il, ce changement systématique de narrateur tend à perdre le lecteur, à ajouter des longueurs inutiles pour l’intrigue policière qui voit son suspense en prendre un coup dans l’aile.
Pour moi, c’est clairement la découverte du Kamtchatka, cette région perdue aux confins de la Russie, et celle de ses autochtones (les indigènes Evene notamment) qui marquent l’esprit du lecteur. Le drame et sa résolution ne sont qu’un prétexte, une carotte scénaristique que nous tend l’autrice pour nous faire aller au bout de ce « presque thriller ».

Dégels est un bon roman, il aurait été encore meilleur, à mon sens, en diminuant le nombre de narrateurs impliqués et en se concentrant un peu plus sur la résolution de son énigme.
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Je ferme les pages de ce livre remuée comme jamais.
J'ai du mal à terminer mes lectures depuis le début du confinement. L'anxiété m'empêche de m'immerger totalement. Mais là, impossible de ne pas succomber à cette histoire !
Le début me faisait craindre une nouvelle lecture désespérante : la violence du père et le départ de la mère de la petite Kya du domicile familial, dès le premier chapitre, m'avaient laissé sur la défensive. C'était avant de connaître Kya.
Car, malgré les abandons successifs, malgré la pauvreté, malgré la solitude, voir Kya se débattre pour s'en sortir, prendre soin des oiseaux de son marais et collectionner leurs plumes avec obstination et tendresse, la voir tomber sincèrement et irrémédiablement amoureuse, est peut-être l'une des plus belles choses que j'ai pu lire. C'est un personne fragile mais jamais brisée par ce que la vie lui inflige, sa passion pour la nature et sa vie intérieure, d'une richesse inouïe, la font se relever, toujours.

En plus du destin fabuleux de son personnage féminin, j'ajouterai que les allers-retours passé-futur ajoutent grandement au suspense puisqu'un personnage est retrouvée mort au début du roman et nous passons notre temps à essayer, comme les policiers du coin, de comprendre ce qu'il a bien pu se passer et quel fut le rôle de Kya dans cette sombre affaire… Une enquête policière qui fait redoubler la curiosité du lecteur et transforme ce livre un pageturner redoutable.
Un roman magnifique donc, avec une héroïne incroyable que je vous invite à rencontrer vous aussi, vous en sortirez changé!
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date : 30-03
Autant vous prévenir dès le départ : mettez bien vos lunettes ou a minima, affûtez votre concentration, car voici un livre d’une incroyable densité, d’une virtuosité absolue!

C.E. Morgan retrace dans ce « léger » pavé l’ascension et la chute de la dynastie Forge dans le milieu des courses hippiques. Soit trois générations.
Les Forge, une famille riche dont le nom incarne la réussite et la peur dans l’État du Kentucky. Un nom que chaque membre du clan doit honorer, pour le meilleur et pour le pire. Car leur destinée tient de la légende : le périple vers l’ouest, la terre promise et acquise à la sueur du front, le labeur acharné et la prospérité. Une légende qui éclipse le rôle majeur joué par leurs esclaves, évidemment…

Henry Forge, le premier narrateur de ce roman titanesque, connaît une enfance difficile auprès d’un père brutal. Les coups, et un tempérament naturellement égoïste selon moi, l’ont rendu insensible au malheur des autres, y compris à celui de sa propre mère, une femme aimante et muette, au quotidien solitaire. La mort de son paternel le rend libre de transformer la ferme en lieu d’élevage de chevaux de courses.
Ce premier « héros », si l’on peut dire, passe le flambeau à sa propre fille Henrietta. Une autre enfance malheureuse, une autre période, mais toujours cette même obsession de produire le cheval le plus parfait sur un plan génétique. L’esclavagisme est depuis longtemps passé de mode mais Henry considère toujours les Noirs comme des êtres inférieurs, fidèle en cela à la grande tradition raciste des Forge. C’est donc une surprise quand Henrietta parvient à faire engager Allmon en tant que groom, sa couleur de peau et son passé de taulard ne jouant pas en sa faveur.
Une décision qui suffira à gripper l’engrenage infernal de cette famille malsaine…

Quelle œuvre magistrale et pourtant tellement noir et désespérante. C’est beau, bien écrit mais il se lit petit à petit tant que le style est ardu, tant l’amertume des personnages rend la lecture de cette saga familiale difficile. Mais il en vaut largement la peine si vous êtes amoureux de littérature américaine comme moi et que vous n’avez pas peur des sombres histoires de famille...
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P.M. Freestone a crée un univers enchanteur et complexe, où politique et religion sont intimement liées et où les senteurs, les parfums ont un rôle clé dans la vie de chacun.
Les dirigeants, les divinités, les diverses provinces, les animaux hybrides qui peuplent ce monde orientale… Toutes ces informations sont disséminées au compte-gouttes, et données au moment approprié. C’est une merveille de voir tout cela s’épanouir, de comprendre que l’autrice nous laisse assembler les pièces du puzzle par nous-mêmes. J’aime quand on nous laisse vagabonder, sans nous prendre tout le temps par la main.

Les personnages maintenant. On a droit à un duo très intéressant et complémentaire.
Rakel est une héroïne que j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre. Ambitieuse, déterminée à ne pas laisser les hommes lui dicter son comportement, elle est le moteur de l’intrigue. Ash est attachant lui aussi mais beaucoup moins flamboyant que son acolyte féminin. Le fait qu’il dissimule un sombre secret au lecteur mais aussi à Rakel pendant une bonne partie du roman le rend plus mystérieux et moins accessible que Rakel.
Comme on peut s’en douter, la romance est présente mais elle n’étouffe pas la quête de nos héros, elle l’embellit et la rend même drôle grâce aux dialogues savoureux qui émaillent le livre. J’espère juste que l’autrice évitera l’écueil du triangle amoureux dans le prochain volume mais j’ai quelques doutes à ce sujet.

Shadowscent est prévu être pour une duologie, à la manière de Six of crows.
Et de même que le premier volume de la série de Leigh Bardugo, j’ai fini ce premier volume avec un enthousiasme débordant et une frustration énorme. Cette fin ouverte est terrible quand on n’a pas le prochain tome avec soi...
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On nous vend du girlpower, des pouvoirs à gogo, de l’action, j’étais partie pour un bon page-turner et je me suis mise à pousser des soupirs d’exaspération réguliers pendant ma lecture.
En terme d’action, on n’est pas totalement à côté de la plaque avec les attaques de Spectres disséminées par ci par là. Sauf que Maia, notre héroïne, pense, ressasse, atermoie sans arrêt… ça en devient fatigant. Laborieux à certains moments.
Que dire de Rhys, son potentiel amoureux, agent de la Secte (du mal, vous vous en doutez) de longue date dont on sent que le dévouement extrême sera problématique pour la suite… ?
Les trois autres Effigies ont du potentiel mais il n’est pas assez exploité à mon grand regret.
Le seul personnage que j’ai véritablement adoré et dont j’aurais aimé connaître le passé et les motivations est Saul. Son obsession pour Marian, sa multiple personnalité psychopathe façon Split, son absence de scrupules pour obtenir ce qu’il veut en font un méchant idéal.
Je lirais bien les deux autres volumes pour lui mais j’ai lu les commentaires des suites et apparemment on a droit à encore plus de pensées de Maia, encore plus de naÏveté bête et méchante vis-à-vis de son crush et les trois sont encore mineurs dans l’intrigue donc je vais passer mon tour et c’est bien dommage car j’étais réellement prête à être conquise par cette série.
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Je ne connaissais pas le roman de Susie Morgenstern mais cette BD est une excellente surprise, drôle et touchante à la fois.
Victoire et ses frères sont des personnages que l'on aimerait avoir la chance de rencontrer, leur façon d'intégrer Ernest à leur quotidien fait de chamailleries et de tendresse est tellement belle et généreuse. J'aimerais avoir le sens de la répartie de Victoire, cette petite fille est juste merveilleuse.
Une BD qui fait du bien et donne le sourire, tout simplement !
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Splendide ! C'est ma troisième BD de cet auteur et je suis toujours aussi bluffée par le talent de Jérémie Moreau.
Après avoir adapté brillamment le roman jeunesse Tempête au haras puis créer La saga de Grimr, saga islandaise du XVIIIè siècle, l'auteur se tourne cette fois vers la période de la préhistoire. Penss, comme son nom l'indique, ne rêve que d'une vie contemplative et va apprendre à son corps défendant que si regarder les montagnes nourrit l'âme, cela ne suffit pas pour survivre.
S'ensuit une lutte entre lui et le monde pour vivre comme il l'entend. Non plus en chassant mais en plantant des graines pour créer sa "forêt nourricière".
Un acte qui passe pour de la folie auprès des clans qui vont croiser sa route...
Parfois glaçant, parfois émouvant, Penss est un récit initiatique et philosophique ambitieux et un nouveau pari réussi pour Jérémie Moreau.
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date : 28-02
Si on a la joie de retrouver Eli, Victor et la joyeuse bande de Vicious, nos deux anti-héros préférés ne sont plus les têtes d'affiche.
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Et pour cause ! L’un moisit en prison tandis que l’autre tente de trouver un remède suite à sa résurrection ratée.
Un troisième personnage flamboyant, dans tous les sens du termes, leur vole allègrement la vedette, la sublime mais dangereuse Marcella Riggins / Morgan.
Son ambition, sa folie destructrice… Mis en parallèle des trahisons qu’elle subit, de la façon dont les hommes de la mafia l’ont toujours admiré physiquement pour mieux la mépriser intellectuellement, on ne peut que se réjouir de ce retournement de situation. C’est clairement un personnage féminin badass et sans scrupules, et qu’est-ce que ça fait du bien de lire ça !
Je regrette juste que Victor se soit si bien caché, de ses poursuivants fictifs comme de ses lecteurs, car c’est un protagoniste que j’adore ! L’évolution de son don est assez spectaculaire. Car non content d’accentuer la douleur de ses adversaires, Victor peut désormais empêcher le moindre de leurs mouvements. Un pouvoir redoutable qui permet quelques scènes d’action grandioses.
Vengeful clôt la saga de vilains de Schwab avec panache mais les adieux sont trop... abrupts à mon goût.
Même si sa conclusion est logique et bien menée, je suis triste de quitter tous ces êtres torturés, j’espère que V.E Schwab trouvera un moyen de nous donner de leurs nouvelles, un jour ou l’autre.
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date : 26-02
La première partie du livre est d'une lenteur et d'un convenu insoutenable, de quoi faire décrocher le lecteur avant la résolution. On tient bon pourtant, jusqu'à ce que Julie, la portée disparue, prenne la parole et devienne enfin la narratrice de sa propre histoire et non plus le jeu des suppositions d'autrui.
Et sa "vérité", elle la formule de façon fort crue, brutale même.
Peut-être pour que nous nous mettions à la place de Selena, sa petite sœur, choquée de la retrouver vivante vingt ans après sa disparition. L'explication avancée sur les motifs de cette longue absence font basculer le livre abruptement et maladroitement dans la science-fiction.
A vous de croire ou non aux explications de Julie. Dit-elle la vérité ou le traumatisme dont elle a souffert lui fait-il perdre le sens des réalités ?

Certains pourront se dire "Ah chouette, un nouveau Morwenna !" Car la fratrie et le refuge dans l'imaginaire y avaient également une place de choix. Mais ne vous y trompez pas, Morwenna est un roman magique, on suspend bien volontiers sa crédulité et on s'attache au duo de sœurs bien plus qu'à celui formé par Nina Allan…
J'ai été désappointée par la façon dont l'autrice a amené son fameux "twist", déçue par ses héroïnes si peu développées. Je suis donc bien contente de m'être arrêtée à la moitié du roman car j'avais vraiment l'impression de perdre mon temps.
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Tout démarre par une simple question de la maîtresse de Guille à sa classe : « Plus tard, je serai... ?»
Les traditionnels « footballeur », « pompier » fusent jusqu’à ce que le petit garçon affirme, lui, devenir Mary Poppins une fois adulte. Une déclaration qui pourrait prêter à rire si elle n’était pas accompagnée d’un regard si sérieux…
Une attitude qui amène l’enseignante à rencontrer le père de Guille pour mieux comprendre l’enfant. Les réponses du père, fuyantes, évasives ou méprisante à l’encontre du petit, l’interpellent et voici Guille devant Maria, la psychologue scolaire.
Les quatre voix que nous entendons à tour de rôle aiguisent notre curiosité. En particulier celle de Maria qui, au travers des dessins et des entretiens qu’elle a avec le garçon, tente de démêler le vrai du faux, l’imaginaire du réel. Le lecteur se fait petit à petit sa propre idée sur la question, sans se douter nécessaire de tout. Les passages dévolus à Guille sont une merveille de douceur et de sensibilité, tout porte à vouloir comprendre cet enfant. L’auteur joue très bien de la naïveté de l’enfant pour aborder des sujets graves avec délicatesse et tact. Sujets dont je vous dirais rien pour ne pas vous gâcher l’intrigue.
Si le roman reste dans son ensemble une belle surprise, la dernière scène entre Guille et son père est la cerise sur le gâteau de ce livre bouleversant.
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Thibault Bérard est un éditeur que j’admire tout particulièrement. Il s’occupe plus particulièrement des romans ados Sarbacane et quasiment tous les auteurs qu’il suit ont réussi à occuper une place particulière dans mon cœur. (Mention spéciale à Emilie Chazerand, Clémentine Beauvais et Benoit Minville.)
Peut-être que c’est un coup de chance mais je préfère me dire que certains éditeurs ont le chic pour attirer les bons auteurs au sein de leur maison d’édition et leur faire donner le meilleur d’eux-mêmes.
Bref, découvrir qu’un de ses éditeurs préférés a écrit un roman, cela vous interpelle forcément. Je l’ai commencé sans trop savoir où je mettais les pieds. Si ce n’est qu’il allait s’agir de maladie, de cancer plus exactement, de maladie et d’amour évidemment.
On le commence et plus on avance, plus on se dit que cela sent douloureusement le vécu... Une expérience de vie que Thibault Bérard aura su transformer en littérature, transcendant la peine, exorcisant le passé pour en faire ressortir le positif et l’envie de vivre malgré tout. Il y a du « En attendant Bojangles » dans ce roman, en peut-être moins maîtrisé niveau style, mais l’émotion est bel et bien là. Un beau premier "roman" que je vous recommande !
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date : 23-02
J’ai été bouleversée en apprenant que ce roman serait le dernier d’Axl que j’aurais entre les mains. Son décès prématuré laisse ses proches dévastés mais également ses lecteurs esseulés. Car cette autrice avait un vrai don, une plume poétique qui savait parler de tous les sujets, y compris les plus sombres, pour les transformer en pure lumière.
Cœur battant n’échappe pas à la règle, Axl s’attaque cette fois au suicide. Sujet délicat qu’elle ne va pas seulement effleurer comme aurait pu le faire certains auteurs frileux pour s’appesantir sur l’après, sur l'espoir et la reconstruction. Elle fait se rencontrer cinq personnages Suicidants, d’âge et de situation sociale variés : Alex, Alice, Colette, Jacopo et Victor. Leurs silences, leur lyrisme pour certains, leur méchanceté pour d’autres, tout cela nous est parfaitement retranscrit. Elle dresse leurs portraits respectifs avec humour et tendresse, comme elle le fait si bien pour chacun des personnages qu’elle a crées. On apprend à les aimer malgré, et surtout grâce, à leurs blessures.
Cœur battant ne m’a pas autant ému que Dysfonctionnelle ou Bibow Bradley mais il reste un très beau roman que je recommande à tous ceux qui aiment les êtres fêlés et les romans doux-amers.
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date : 20-02
Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre en commençant Sur le route de west.
Je connaissais déjà la maîtrise graphique de Tillie Walden de par Spinning et je me doutais bien que je ne serais pas déçue. De ce côté, le cahier des charges est parfaitement rempli. Cette fille est décidément impressionnante, son sens de la mise en scène, cet art des couleurs… Elle a un trait reconnaissable entre tous.
J'apprécie ses personnages, tous portent une fêlure intime, un vécu difficile comme c'est le cas ici pour Lou et Béa.
Si l'album commence comme un road-trip assez classique, la rencontre des deux jeunes femmes avec Diamant le chat va faire basculer le récit dans le fantastique.
Par petites touches tout d'abord puis plus franchement. On passe des yeux rouges inquiétants des hommes à des routes qui se tordent et des ponts qui s'écroulent. Le paysage réaliste devient tout à coup très onirique et représentatif des peurs profondes et des traumatismes de nos héroïnes.
J'ai été surprise de ce mélange mais ce fut une surprise positive, j'ai trouvé que c'était une BD qui sortait des sentiers battus et touchait fortement ma corde sensible.
En conclusion, je dirais que l'on sort de ses pages mélancolique mais aussi définitivement envoûtée !
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