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Quand la ville dort



Description ajoutée par LIBRIO64 2015-10-12T16:33:47+02:00

Résumé

À peine sorti de prison, Riemenschneider rencontre Cobby, un bookmaker, pour lui soumettre un plan audacieux : le braquage de la plus grosse bijouterie de la ville.

Cobby le met en contact avec plusieurs personnes pour exécuter le coup : Gus, un restaurateur italien au courant des faits et gestes de la police ; Dix, un tueur froid mais fiable ; Louis, un serrurier hors pair, et Emmerich, un avocat influent qui avancera les fonds.

Ce dernier ne plaît guère à Riemenschneider et le plan, pourtant soigneusement mis au point, va bientôt déraper.Dans ce classique du roman noir plusieurs fois porté à l'écran, Burnett dépeint magistralement le milieu des gangsters et l'opacité de la ville de nuit qui semble s'abattre sur eux comme une chape de plomb pour les entraîner vers une chute inexorable.

Mais ce qui frappe reste la psychologie des personnages qui, au-delà de leur aspect pittoresque, montre la subtilité du romancier. Un livre qui n'a rien perdu de son actualité.--Nicolas Mesplède

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Classement en biblio - 3 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par feedesneige 2016-04-10T18:02:33+02:00

CHAPITRE I

Une nuit opaque et cinglée de bourrasques s’était abattue sur l’immense cité du Middle West qui s’étirait le long du fleuve. Une pluie fine, presque un brouillard, s’engouffrait par moments entre les hauts immeubles, mouillant les chaussées et les trottoirs qu’elle transformait en miroirs sombres où se réfléchissaient, grotesquement déformées, les lumières des réverbères et les enseignes au néon.

Les grands ponts du centre étiraient leurs arches par-dessus les eaux noires du fleuve gigantesque, dont les rives se perdaient dans la brume. Et les rafales de vent, qui entraînaient dans leur course les journaux abandonnés sur le pavé, balayaient les boulevards presque déserts, sifflant à petit bruit le long des façades et gémissant aux carrefours. Des tramways vides et des autobus aux vitres brouillées descendaient lentement, en ferraillant, vers le terminus du centre. À part les taxis et les autos de la police, il n’y avait aucune voiture dans les rues.

River Boulevard, large comme une avenue triomphale, avec ses contre-allées et les arcs orange de ses réverbères, dont l’alignement s’étirait à l’infini vers l’horizon embrumé, était aussi vide que si la peste y avait détruit toute manifestation de l’activité humaine. Les signaux lumineux changeaient ponctuellement à chaque carrefour, mais il n’y avait aucune voiture pour se conformer à leurs indications. À l’extrémité du boulevard, dans le quartier des boîtes de nuit, des enseignes tarabiscotées clignotaient dans le vide. Comme un jouet mécanique bien remonté, la grande ville continuait son activité nocturne avec une précision mathématique, sans s’inquiéter de ses habitants.

Enfin, le vent tomba et la pluie s’abattit avec violence sur l’immense cité : sur les terrils des usines d’acier, du côté de Polishtown ; sur tes résidences des millionnaires, à Riverdale ; sur la butte accidentée de Tecumseh Slope, avec ses petites épiceries et ses restaurants italiens ; sur les immeubles de rapport groupés en amont du fleuve, où tout était éteint depuis des heures, et où les ouvriers allaient, dès cinq heures du matin, ouvrir l’œil en sacrant contre le tintamarre de leur réveil-matin ; sur les faubourgs éparpillés en éventail vers le Nord et l’Est, où toutes les petites villas et tous les jardins étroits se ressemblaient ; enfin sur les obscurs bas-fonds qui entouraient Camden Square, de l’autre côté du fleuve, cet immense quartier des taudis et des bouges, où l’on trouvait au moins un bistrot à chaque carrefour, des voitures de police par douzaines, et où les agents ne se risquaient que deux par deux.

Un taxi freina devant la façade éteinte d’un magasin proche de Camden Square, et le chauffeur se retourna pour demander à son client :

— Vous êtes bien sûr qu’vous savez où c’est qu’vous allez, mon vieux ?

Son client acquiesça, descendit et régla la course, donnant un généreux pourboire qui éveilla dans l’esprit du chauffeur une vague sympathie pour ce petit quadragénaire trapu qui n’avait pas ouvert la bouche pendant tout le trajet qu’ils avaient parcouru depuis le terminus des cars.

— Je sais bien qu’ça me r’garde pas, insista le chauffeur, mais c’est vraiment un sale quartier ! (Le client se contenta de se racler la gorge.) C’est ici l’numéro que vous cherchez, reprit le chauffeur. Mais tout est éteint. Vous voulez que j’attende ?

Le client hocha la tête.

— Comme vous voudrez, conclut le chauffeur, qui n’avait pas tellement envie de s’éterniser tout seul sur le Camden Boulevard à deux heures du matin. Mais un bon conseil : traînez pas trop longtemps dans l’coin avec votre valoche. Y a ici des petites frappes qui vous la faucheraient en moins de deux – rien qu’pour se procurer une liquette propre.

Mais déjà le client s’était éloigné et cherchait une sonnette, près de la porte du magasin endormi. Le taxi s’éloigna lentement, et le chauffeur se retourna plusieurs fois.

Au bout d’un moment, l’inconnu entendit du bruit à l’intérieur de la boutique, et la porte, maintenue par une chaîne de sûreté, s’entrouvrit de quelques centimètres.

— Ouais ? fit une voix méfiante et bourrue.

— C’est Joe Cool qui m’a dit de venir ici, répondit l’inconnu. Je voudrais voir Cobby.

— Joe Cool est en cabane.

— C’est exact. Justement, j’en viens. J’ai été libéré cet après-midi.

La voix de l’inconnu trahissait un accent étranger assez léger, indéfinissable, et l’individu qui lui avait ouvert la porte s’efforça de l’apercevoir, grâce à la lueur vague que dispensait le réverbère du coin.

— Cobby commence à en avoir marre, de vous tous ! Il faudrait qu’il passe sa vie à vous entretenir. C’est pas une banque, ici !

— Je ne viens pas pour lui demander de l’argent. J’ai une proposition à lui faire – une proposition très importante.

— Qu’est-ce qui le prouve ?

— Allez prévenir Cobby.

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Date de sortie

Quand la ville dort

  • France : 1999-07-13 - Poche (Français)

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