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- Bonsoir Madame..., commence l'homme de couleur que je trouve ampoulé. Que puis-je pour votre service ? (...)

- Oh une bricole, je pense. Encore que... Voilà, il y a un homme nu dans ma chambre. (...)

- Eh bien..., hésite l'agent d'accueil, croyant sans doute que je plaisante.

- Vous venez pour des félicitations ou un mode d'emploi ?

Chargeant ses mots d'autant de supériorité que d'ironie, le Viking vient de s'insinuer dans la conversation.

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C’est peut-être la seule vertu de l’éducation que j’ai reçue. Peu de choses me mettent mal à l’aise ou me privent de mes moyens. Aussi, je décide de soutenir son regard. Un étrange sentiment s’empare de moi. Il y a quelque chose, chez lui, qui me semble familier, une impression dans le fond de ses yeux, un vague ressenti qui sonne comme un écho. Un détail que je reconnais en lui, tout en ignorant lequel. Le bras de fer qui se joue entre nous, tandis que ni lui ni moi n’acceptons de détourner les yeux, me semble durer une éternité. Je m’interroge sur son identité. Compte tenu de son attitude, il ne peut pas faire partie du petit personnel de l’hôtel. Ou alors, il a pris ses fonctions depuis moins de douze heures et il va se faire virer avant le petit déjeuner du lendemain. Peut-être un client régulier qui se croirait tout permis ? Ou bien quelqu’un de suffisamment haut placé dans la chaîne alimentaire des postes pour ne pas avoir à craindre le courroux d’un client ?

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Après un temps infini que je n'aurais su mesurer, il susurre à mon oreille :

- Tu as raison, je déteste le genre humain. Sauf toi.

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Sofia et Lachlan p144

"Étalée à plat ventre de tout mon long, le nez dans la boue, sur le bas-côté où j'ai glissé en sortant un peu vite de la voiture, je maudis tout ce qui a concouru à m’amener ici, dans ce pays de malheur, dans ce bled paumé. {....}

- Bordel, que c'est glissant !

- Vous ne voulez pas la mettre en veilleuse deux secondes, que je me concentre ? me jette-t-il de derrière le capot.

- Oh ! escusez-moi d'exister ! Je vais très bien, merci.

- Je ne vous ai rien demandé.

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"Je ne l'ai jamais dit à personne, mais j'ai toujours été convaincue que les arbres avaient plus à nous offrir que le son produit par leur écorce et flottant entre leurs feuilles. Ils chuchotent à mon oreille, rient de temps en temps et, parfois, ils chantent. Je pourrais les fixer pendant des heures et me laisser bercer par leur singulière conversation. Je crois qu'ils ne sont pas conscients de ce qui les entoure et de la temporalité de leur environnement. Ils sont reliés à la terre, dès leur naissance, et même après leur mort. Ils ne quittent jamais le sol, sont mêlés à la planète sans distinction de commencement, de fin, d'avant ou d'après. Par moment, il me semble que je suis un peu comme eux.Une seconde, j'ai l'impression d'avoir encore cinq ans, celle d'après, j'en ai mille. Un matin, mon cœur est débordant d'une vie toute jeune, un autre, je suis lassée de cette existence et de toutes les précédentes. Il m'arrive de comprendre lorsque les gens se confient à moi, mais souvent, je n'ai aucune idée de la signification des mots qui sortent de leur bouche.

Je ne l'ai dit à personne, mais je crois que je me suis incarnée dans ce monde trop tôt ou trop tard. Je pense qu'il y a une erreur de trajectoire cosmique et je m'attends à tout instant à ce que l'Univers s'en rende compte et me rappelle à lui."

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"Parmi ses mantras, "n'en fais jamais une affaire personnelle" était de loin son préféré. D'après elle, il voulait dire que quoi que pensent les autres de nous, quelles que soient les émotions qu'ils projettent sur nous, cela leur appartient et à eux seuls uniquement. Leur opinion vit en eux et meurt avec eux. Cela ne nous influence ni ne nous définit, car nous sommes seuls responsables des expériences que nous vivons. Et quand nous disparaissons, nous n'emportons aucun des jugements que nous avons reçus. Nous n'emportons que nous-même."

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"-Pourquoi l'a-t-il mal pris?

Il me jette un regard étincelant qui provoque en moi un frisson.

-Il m'a dit que ça ne regardait personne, mais que si j'y tenais autant, je n'avais qu'à essayer de le chercher dans, je cite, "le cul d'un bouc, là où est sa place". Je dois reconnaître que ça m'a un peu contrarié.

-Une simple brise dans vos cheveux doit suffire à vous contrarier, mais, dans le cas présent, sa réaction est étrange.

-Je n'ai pas à être sympathique avec mon prochain. Il n'y a pas de loi sacrée et universelle qui m'y oblige, si ce n'est celle de satisfaire les ego fragiles et susceptibles de mes congénères.

Le frisson vire à la crispation.

-Vous n'avez rien de plus mélodramatique et théâtrale comme réplique?

-Non, mais je sens que ça va venir.

-La bienveillance, la courtoisie et la gentillesse ne sont pas des concepts inventés par une bourgeoisie susceptible, c'est simplement la base de relation saines et sereines. Précisément celles qui permettent à l'homme d'évoluer et de nouer des liens.

-Professeur ne sociologie?

-Et pourquoi pas?

-Vous seriez nulle.

-Pardon?

-La bienveillance, la courtoisie et la gentillesse? De la part de quelqu'un qui est constamment en colère et sur ma défensive? Ah ben, vous n'avez peur de rien!

-Je ne suis pas du tout en colère, ni sur la défensive!

-Vous avez cassé le nez d'un homme.

-Il l'avait mérité!

Je me rends compte après coup que je viens de crier. Je prends une profonde inspiration, puis une autre et encore une autre. Il a le don d'appuyer pile sur le mauvais bouton, celui qui me fait démarrer au quart de tour.

Le silence s'installe à nouveau entre nous et, cette fois, pas question de le rompre pour risquer un nouvel incident diplomatique.

-Vous voyer qu'il valait mieux qu'on ne parle pas.

Je vais le tuer. Je ne sais pas quand ni comment, mais je vais le tuer."

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"Quand Isobel me décoche un nouveau coup d’œil, je souris de toutes mes dents. Je les connais, ces reines de cours d'école. Elles passent de La Belle au Bois dormant à Prédator en deux battements de cils."

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- Bonsoir Madame..., commence l'homme de couleur que je trouve ampoulé. Que puis-je pour votre service ? Je tourne une demi-fois ma langue dans ma bouche, ce qui, avec le recul, est bien trop peu, et je lâche avec plus de cynisme et d’agressivité que je ne le voudrais : - Oh une bricole, je pense. Encore que... Voilà, il y a un homme nu dans ma chambre. Ça s’appelle un résumé à la truelle. Après dix heures de transport, je ne fais plus dans la syntaxe de boudoir, je fais dans la syntaxe de prison soviétique. Mon interlocuteur me dévisage, puis se tourne vers le guerrier nordique, qui fait de même. - Eh bien..., hésite l'agent d'accueil, croyant sans doute que je plaisante. - Vous venez pour des félicitations ou un mode d'emploi ? Chargeant ses mots d'autant de supériorité que d'ironie, le Viking vient de s'insinuer dans la conversation. J’ai le poil qui se hérisse. Je constate que le réceptionniste, du nom d’Archibald, si je lis correctement le badge épinglé sur sa poitrine, est au moins aussi sidéré que moi par le manque de politesse de son voisin. Je décide d’ajuster le ton de mes propos sur au sien : de la froideur, un peu de prétention et même un soupçon de mépris, parce que je suis inspiré, ce soir. -Ni l’un ni l’autre, je viens simplement vérifier s’il s’agit bien d’une coutume locale que de louer plusieurs fois la même chambre aux clients. Pariez-vous sur les sentiments qui peuvent naître entre les colocataires forcés, ou bien sur la possibilité qu’ils s’entre-tuent? [...] -Nous sommes sincèrement désolés de ce regrettable incident, continue de s’excuser Archibald. Laissez-moi vous donner une nouvelle chambre et, bien sûr, je prends la liberté de vous surclasser à nos frais. -Eh bien, c’est très gentil à vous. -Voilà, c’est fait. C’est la suite de la reine, numéro 48. Avec, encore une fois, nos plus plates excuses. Je m’empare de la clé qu’il me tend et le gratifie d’un sourire poli. -Un homme nu et une suite dans la même soirée, il me semble qu’il y a là de quoi satisfaire n’importe quelle femme, commente l’homme antipathique. -Votre simplicité d’analyse est vraiment rafraîchissante. -Le chauffage de la chambre se règle, cela devrait suffire à vous réchauffer, rétorque-t-il, avant de se pencher pour saisir une pochette cartonnée.”

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"Il y a un homme nu dans ma chambre. Entièrement nu. J'imagine qu'en d'autres circonstances, j'aurais fait quelque chose de festif de cette information, mais pas dans le cas présent.

Car cet homme nu -et énorme- dans ma chambre n'est pas censé s'y trouver. Ce n'est pas moi qui ai réservé l'hôtel, mais je suis persuadée que la personne qui s'en est chargée n'aurait jamais coché dans la liste des services l'option "veillez à bien laisser un homme nu et frais dans la chambre, juste à côté de la bouilloire, merci". Or, quelqu'un a pourtant dû le faire, parce que je me trouve plantée sur le pas de la porte, bras ballants et bouche ouverte, face à cet animal social qui a décidé de s'émanciper de toutes les règles vestimentaires basiques."

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