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Commentaires de livres faits par pwachevski

Extraits de livres par pwachevski

Commentaires de livres appréciés par pwachevski

Extraits de livres appréciés par pwachevski

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 10-05
Je ne vais pas tourner autour du pot : je ne suis pas une grande amatrice d'Amélie Nothomb. Je trouve son œuvre trop inégale et manquant parfois de renouveau. J'ai souvent eu l'impression que ses textes étaient un peu bâclés, écrits à la va-vite, avec de nombreuses répétitions et tics de langage, qui auraient dû être supprimés à la relecture.

Concernant le style d'écriture, je suis obligée de reconnaître que, pour le coup, j'ai beaucoup beaucoup beaucoup moins ressenti ces défauts que dans les derniers de ses livres que j'ai lus. Clairement, je n'ai pas vu de défauts grossiers, et j'ai même apprécié la fluidité de l'écriture.

C'est plutôt le scénario qui m'a ici laissé sur ma faim. Le thème de départ, pourquoi pas, mais je n'ai pas compris ce choix de traitement tellement... Distant. Une fois arrivée à la fin du livre, je me suis vraiment dit "tout ça pour ça ?".

La mise en place de l'intrigue est interminable. Pendant quasiment la moitié du livre, on nous parle de rien d'autre que de l'histoire banale d'un couple qui se rencontre, se marie, a un enfant, découvre les déceptions du mariage, etc. Il faut un temps fou pour qu'on en vienne enfin aux faits, qu'on arrive enfin à raccorder le prologue au reste, et qu'on comprenne enfin ce qu'on cherche à nous raconter.

La partie centrale du livre est probablement la plus intéressante car en plus de faire enfin avancer l'intrigue, c'est la seule qui va vraiment décrire la personnalité et les émotions des personnages.
Spoiler(cliquez pour révéler)
La manipulation de Claude et la façon dont Dominique tombe dans le panneau, avec la satisfaction du travail bien accompli, sont assez savoureuses.[/spoiler]

Dommage que cette partie soit très courte et semble quand même bien rocambolesque. On peine à croire qu'un truc pareil puisse arriver dans la vraie vie tant c'est mal fignolé. Et on peine à croire aussi qu'un truc pareil puisse arriver dans la fiction, tant d'autres on su faire infiniment mieux sur le même thème. [spoiler]Quand on mature un plan depuis aussi longtemps, on ne laisse pas une telle place au hasard et à l'à-peu-près. Claude est juste pied nickelé ridicule de la vengeance. Pour ne prendre qu'un seul exemple, Les Apparences de Gillian Flynn a les 3/4 de ses thèmes en communs avec Les prénoms épicènes, et est 1000 fois plus convainquant.


Puis ensuite, on retombe dans une soupe assez similaire au départ. La description d'une vie familiale banale et sans intérêt. Il y a bien un léger rebond à la fin, où en l'espace de 4 ou 5 pages, on traite ENFIN de la relation père-fille pourtant annoncée dans le résumé éditeur, alors que ce n'est en fait qu'une part infime de cette histoire. Je dirais même que la relation mère-fille occupe plus de place ! A l'image de la partie centrale, si c'est plutôt intéressant, on regrette vraiment que ce soit si court.

J'ai donc un avis bien mitigé sur l'ensemble. Je pense qu'il y avait moyen de tirer une bonne histoire de cette intrigue, mais à condition de la raconter autrement. En accordant d'autres proportions aux différentes parties et en se recentrant sur l'essentiel. Car là, clairement, on s'éparpille dans des détails absurdes, et on perd trop souvent de vue la pourtant pas mauvaise idée scénaristique de départ.
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date : 16-04
Il a fallu attendre le confinement covid-19 pour que j'ose m'attaquer à cette monstruosité de presque de 1300 pages grand format, écrit tout petit, sur du papier bible, que l'auteur a mis 10 ans à écrire. J'ai toujours apprécié Alan Moore comme auteur de BD, mais j'aurais quand même préféré quelque chose d'un peu plus accessible pour ma première approche d'Alan Moore auteur de roman...

Donc je craignais vraiment une lecture laborieuse. Mais dès la première page, les premières lignes, j'ai été rassurée. J'ai de suite accroché au style d'écriture, que j'ai trouvé plutôt fluide et même lumineux. J'ai vraiment instantanément plongé dedans. Dommage que ce style ne soit pas constant sur toute la longueur du livre, car on va aussi rencontrer des passages qui eux accrochent, sont rébarbatifs, et nous perdent, à mon sens, dans une surcharge de détails un peu lourde. Mais bon, en même temps, difficile d'être parfait et constant sur 1300 pages ! Et je doute en plus qu'Alan Moore soit du genre à écouter son éditeur (ou n'importe qui d'autre) s'il lui demande de faire quelques coupures dans son texte...

Après, malgré ce défaut, dans sa globalité, je reste tout de même sur une impression très positive pour deux raisons :

De 1, Alan Moore a vraiment réussi à me faire rentrer dans son univers. Il part du postulat de départ que la petite ville modeste dans laquelle il a toujours vécu est le centre du monde ? Bah ok, si c'est comme ça, je suis prête à l'affirmer aussi ; alors que n'importe qui d'autre qui affirmerait cela, je le prendrais pour un vieux fou chauvin et acariâtre. Autre exemple, sans logique apparente, il fait le choix de basculer entre les époques et les styles d'un chapitre à l'autre, on va même tirer sur le fantastique dans la deuxième partie du livre. Bah ok, ça me va aussi. Ça correspond tellement à "l'esprit" du livre, à ce concept de "voyage vertical" qui est prôné par l'auteur, que je ne peux que l'accepter.
Tout ce qu'Alan Moore affirme, il le défend farouchement et le prouve par A+B, et il arrive donc à nous convaincre. C'est un hommage superbe qu'il fait à sa ville et à ce quartier, pourtant très populaire. Je ne connais pas d'artistes qui ont fait quelque chose de similaire, d'aussi complet, d'aussi sincère et d'aussi beau à sa manière, même pour des villes bien plus prestigieuses, et donc plus simples à encenser. On nous raconte vraiment l'histoire de ce quartier, ses monuments, les gens, connus ou non, qui y ont vécu. C'est magique, réellement.

De 2, la palette de personnages qui est développée est absolument remarquable. En plus d'être une grande saga familiale, à l'image de ce qu'à par exemple pu faire George R. R. Martin dans la saga du Trône de fer, on crée et développe des personnages des deux sexes, de tout âges, avec des personnalités et des histoires qui n'ont souvent aucun point commun entre elles. Et pourtant, on arrive pour chacun d'entre eux à être juste et touchant, et a faire preuve d'une vraie tendresse dans la description. Une tendresse qu'on peine à croire possible quand on voit de loin ces auteurs et l'image très bourrue qu'ils peuvent renvoyer d'eux-même.
Même quand on va s'aventurer à mille lieues de ce qu'est Alan Moore et de ce à quoi à du ressembler sa vie -surtout quand on va s'y aventurer !- c'est là qu'on est percutant et qu'on propose un personnage bouleversant. Par exemple Marla, cette adolescente paumée de 17 ans qui se prostitue. On arrive à rendre sublime ce qui ne l'est pas, car disons le clairement, c'est surtout des gens en bas de l'échelle sociale qu'on va rencontrer ici. Des ouvriers, des pauvres, des losers, des fous, des drogués, des SDF, des prostituées, des artistes ratés, etc.

Je ne vous ai strictement rien dit sur l'intrigue. C'est volontaire. Quand on est devant une œuvre de ce type, aussi monumentale, aussi ambitieuse, aussi différente, finalement, de tout ce que vous avez pu lire jusqu'à maintenant... Bah on se sent très petit et modeste. Devant une telle quantité de travail engagé, devant un tel travail d’orfèvrerie, devant un tel besoin, une telle rage même, chez l'auteur de dire quelque chose du mode dans lequel on vit, devant un livre qui a visiblement hanté son créateur et maintenant ses lecteurs, devant le personnage aussi passionné que passionnant qu'est Alan Moore, impossible de se permettre une critique, qui entraînera forcément une idée préconçue. Lisez vous aussi ce livre, et on en discutera peut-être ensuite. Et même là, je sais pas si je serais capable de parler de ce livre.

Et quand on ne sait pas quoi dire, on laisse les autres parler. Je vous conseille vivement le blog du traducteur, qui lui aussi m'a l'air bien secoué par cette lecture, mais qui surtout apporte de l'analyse et un éclairage hyper intéressant sur le livre : http://alanmoore-jerusalem.fr/
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date : 15-04
J'ai trouvé le début du roman assez laborieux. Peut-être parce que je ne suis pas très familière du style d'Agatha Christie ? J'en ai lu quelques-uns dans ma vie, non sans déplaisir, mais je ne fais pas partie de ces grands amateurs, qui en ont lu des dizaines et des dizaines.

Quoi qu'il en soit, je n'ai pas été très convaincue par le fait qu'on commence par une looooooongue (presque 1/4 du livre !) présentation des personnages, avant d'entrer dans l'intrigue à proprement parlé. J'ai trouvé ça un peu pompeux, désuet et pas très accrocheur. Les présentations pouvaient, en plus, aisément s'intégrer à l'intrigue et auraient de la sorte été bien plus digestes, car il était bien compliqué de remettre tout le monde à sa place après un tel choix de présentation. On se perd dans beaucoup de détails et d'apartés dont on peine à comprendre l’intérêt sur le coup. A l'image du prologue un peu lunaire, par exemple.

Mais une fois cette phase de présentation passée, quand l'intrigue commence, je ne trouve plus grand chose à redire. Le style est fluide et précis, le rythme est constant. Quelle excellente idée, en effet, de ne pas placer le meurtre au tout début du livre, mais de se concentrer en priorité sur la situation qui a amené au meurtre. Le suspense qui en découle est hyper intéressant, car on sait tous qu'un crime va être commis. Ce n'est pas un secret, on est venu vers ce livre pour cela. Mais on ne sais pas qui, quoi, comment, pourquoi. Et dès le départ, les coupables, victimes et mobiles potentiels ne manquent vraiment pas ! Ça rajoute un intérêt supplémentaire au polar classique, qui se contente de chercher un meurtrier, et ça rend les personnages beaucoup plus intéressants et empathiques.

Par ailleurs, c'est un livre court, qui se lit rapidement et va a l'essentiel, en nous faisant passer un bon moment. L'ambiance Angleterre sportive et bourgeoise des années 40 est bien retranscrite. Le cadre, dans un hôtel de bord de mer, est charmant. Les intrigues amoureuses multiples sont crédibles.

Après, comme tous les livres d'Agatha Christie, si la mécanique de narration est diablement efficace, ça suit un schéma tellement traditionnel et déjà vu dans le roman policier, qu'il est difficile d'être vraiment surpris. Mais elle a inspiré tellement de personne après elle, en même temps, qu'il est difficile de lui en vouloir. J'aurai cependant une préférence pour ses romans qui mettent en scène Hercule Poirot, car il apporte un petit plus par son ton décalé et son humour, qui m'a un peu manqué ici.

Bref, si ça ne fera pas partie de mes romans coup de cœur, ou de ceux qui m'ont marqué dans ma vie de lectrice, je suis tout de même reconnaissante pour cet agréable moment de lecture.
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date : 06-04
Je n'avais lu qu'un seul livre de Michel Bussi jusqu'à présent, "N'oublier jamais", qui était à mon sens un polar assez quelconque. Pas forcément mauvais, je lui reconnaissais même un style fluide et addictif, mais pas suffisamment bien et fin dans son intrigue pour me donner envie d'en lire un autre de cet auteur. Le destin en a voulu autrement, puisqu'on m'a offert celui-ci.

Heureusement que c'est une très bonne copine qui me l'a offert sinon je lui en aurait voulu, car franchement, c'est une catastrophe ce livre. J'en ai lu sérieusement la moitié, plus qu'assez pour confirmer l'impression que j'avais déjà eu en moins de 3 pages, et j'ai seulement survolé la fin, car difficile une fois qu'on est allé aussi loin dans l'intrigue de simplement l'abandonner. C'est juste tout ce que je n'aime pas dans un livre.

C'EST HORRIBLEMENT NIAIS !!!!!!!!!!!!!

Du début à la fin, ça semble être tiré des fantasmes amoureux d'une gamine de 8 ans. Aucune possibilité d'empathie tant c'est à la fois mièvre et excessif. Ça semble tellement pas crédible. Si vivre le grand frisson amoureux, c'est avoir joué 3 fois à touche-pipi avec un blondinet efféminé guitariste raté, non merci, je vous le laisse de bon cœur.

Au-delà de ça, l'intrigue est prévisible au possible tant les coïncidences sont énormes, on se doute bien vite qu'il y a un loup. Les indices qui sont distillés tout le long du texte avec la légèreté d'un éléphant permettent de recoller aisément les morceaux bien avant le dénouement. Une fin qui a l'image de tout le reste est totalement invraisemblable, sans aucune crédibilité, et manque terriblement de justesse.

C'est mal écrit en plus. Enfin, c'est surtout les descriptions que j'ai trouvées nulles. On en fait des caisses, des pages et des pages, pour ne dire strictement rien au final, car on passe juste à côté du sujet. On n'arrive ni a nous décrire correctement les personnages, stéréotypés au possible, ni leurs sentiments, mièvres et répétitifs, ni les lieux pourtant superbes qu'on traverse. Par ailleurs, c'est visiblement un livre pour les gens qui souffrent de la maladie d’Alzheimer, car chaque chapitre, sans exception, commence par 1 page et demi de résumé de ce qui s'est passé dans les chapitres précédents, au cas où on ait oublié - et termine sur 1 page et demi de résumé de ce qui s'est passé dans le chapitre qu'on vient de lire, au cas où on ait oublié.

Bon je vais arrêter de m'énerver, ce livre est tellement naze qu'il ne mérite même pas mon commentaire. Et ça me rassure que pour une fois, je ne passe pas pour une vieille grincheuse puisque la quasi-totalité des commentaires postés avant le mien font état d'une déception. La seule chose que j'ai apprécié, c'est le milieu dans lequel se déroule l'intrigue. C'est très original ce coté compagnie aérienne et hôtesse de l'air toujours en mouvement.

Adieu Mich-Mich, promis juré craché, je ne relierais plus jamais aucun de tes bouquins.
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N'ayant pas été très convaincue par le premier tome de cette saga, je m'étais promise de ne pas lire le suivant. Puis le confinement à eu raison de moi... Et aussi le fait que j'avais lu plusieurs reviews disant ce livre meilleur et plus abouti que le premier.

Verdict : je suis d'accord !

Bon, il faut quand même temporiser, je ne trouve toujours pas que ce soit un livre génialissime, à coté duquel il ne faut surtout pas passer. Ça reste quand même une intrigue pour ados qui ne va pas chercher bien loin, et qui n'est pas particulièrement bien écrite. On a clairement mis plus d'ambition et de moyens dans la série.

Mais j'ai trouvé que ce livre apportait beaucoup plus à l'univers de la saga que le premier, qui était totalement optionnel, quand celui-ci apporte des compléments et un éclairage intéressant sur les personnages. De plus le scénario est indéniablement plus recherché. Le tome 1 m'avait vraiment déçu, car j'avais deviné toute l'intrigue au bout de 2 chapitres. Si dans ce tome 2 on n'est toujours pas sur une intrigue hyper originale, on est quand même partie sur une histoire plus complexe, plus vaste et moins évidente. On se situe entre la saison 1 et 2 de la série, et l'action est en fait triple :

1- On suit le personnage de Nick, qui va se rapprocher d'Harvey pour tenter d'en apprendre plus sur les mortels. Je pense que c'est ce que j'ai préféré dans le livre. Ce duo de personnages est inattendu et apporte pas mal d'humour, qui casse complètement le classique triangle amoureux, qui peut facilement être cliché, mièvre et sans originalité. La relation et les sentiments des deux garçons sont plutôt bien décrits et pas improbables. On apporte également pas mal d'éclaircissement sur leurs personnalités, notamment sur le passé de Nick, juste effleuré durant la série.

2- On suit le personnage de Prudence, qui est tiraillée entre pas mal de sentiments concernant sa famille et sa solitude. C'est également un pan de l'intrigue que j'ai trouvé très bien fait, assez bien décrit et crédible. Là encore, ça apporte beaucoup à la saga prise dans son ensemble. On aborde réellement des états d'âme et des aspects de la personnalité de Prudence qu'on n'a jamais creusés dans la série. C'est un personnage que je trouve beaucoup plus touchant et que je vois vraiment différemment depuis que j'ai lu ce livre.

3- On suit le personnage de Sabrina, qui a un petit souci de démon de la malchance. Et là, c'est le drame. Je n'ai malheureusement pas accroché du tout, j'ai trouvé qu'on était clairement en dessous des deux autres intrigues. On tombe dans les mêmes travers que le tome 1 : cette intrigue n'est pas originale, ne présente aucun suspense et n'apporte aucun éclairage nouveau par rapport à la série. J'ai un peu l'impression qu'on nous a parlé de Sabrina parce qu'il fallait le faire, il semblerait totalement incongru qu'on ne parle pas d'elle alors que la saga porte son nom... Sauf qu'on n'avait pas de motif, en terme de scénario, pour faire d'elle l'héroïne de cette histoire. La véritable intrigue est celle qui tourne autour de Nick-Harvey-Prudence, et elle pouvait totalement se suffire à elle-même.
Spoiler(cliquez pour révéler)
D'ailleurs, cette intrigue commence à prendre un semblant d’intérêt uniquement quand elle croisera les autres intrigues. Quand Prudence, puis surtout Nick, viennent s'en mêler ! Et malgré cette convergence, la conclusion de l'intrigue m'a déçu. Le combat final était vraiment naze, trop court et sans suspense, alors qu'on aurait pu en faire un truc palpitant.


L'un dans l'autre, ce n'est pas un livre parfait, loin de là, mais j'ai tout de même pris plaisir à le lire. Et surtout, je lui reconnais des qualités objectives que je n'avais pas rencontrées dans le tome 1. Ça me redonne un peu confiance en la saga littéraire et, si d'autres tomes sont prévus, je pense que je les lirais.
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date : 23-03
J'ai été absolument conquise par les 100 premières pages du livre. Outre le style d'écriture soigné, j'ai beaucoup aimé la mise en place de l'univers. La construction personnage par personnage n'est pas la plus simple, mais elle est parfaitement maîtrisée. On nous présente par strates successives un univers vaste et réfléchi, en prime moins stéréotypé et normé, et donc plus étonnant, que les univers des livres de SF actuels. J'ai également apprécié les personnages, que j'ai trouvé assez audacieux. Le côté vieux loup de mer d'Henry m'a particulièrement plu. C'est vraiment un type de personnage qu'on n'a pas l'habitude de voir. Il apporte pas mal d'humour et un ton décalé au livre, sans jamais rien enlever au sérieux et au côté sombre de l'histoire. Bref, j'ai eu très très vite le sentiment de plonger dans un vrai bon livre de classique SF, comme on n'en fait peut-être plus aujourd'hui.

Mais ça a malheureusement fait pschitt sur la suite. Les qualités que j'ai listées sont pourtant toujours là, mais j'ai eu la désagréable impression qu'on n'en faisait rien. On développe un univers de dingue, mais on ne sait apparemment pas quoi raconter autour de cet univers. On s'embourbe dans une histoire de pouvoir, de politique, de succession d'un prince et de ceux qui veulent le détrôner. Certains ont réussi à faire des histoires passionnantes avec ces thèmes, mais ce n'est pas le cas ici. Pour le coup, ça ne m'a pas semblé très réfléchis. Quelque chose sonne creux dans l'intrigue, tout semble aller trop vite, trop facilement. Pas mauvais, mais fade, et pas à la hauteur de l'univers. On est en droit de demander plus d'un univers comme celui-ci. Par ailleurs, j'ai regretté un sacré coup de mou au niveau du rythme.

Cela dit, dans l'ensemble, ça reste un livre que j'ai trouvé agréable et bien écrit. Je suis en plus très contente d'avoir fait cette découverte classique SF un peu oublié, au hasard d'une bibliothèque de partages.
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Cette BD est dans la continuité du tome 1. Et si je n'aime toujours pas particulièrement Voltaire, je reconnais le travail d'écriture et de recherche biographique important de cette saga. Le style des dessins est toujours aussi sympa, peut-être même plus que dans le premier tome, car je l'ai trouvé plus varié. Il y a également un plus grand nombre de planches sur une page ou une double-page entière. Autre point positif, j'ai trouvé le ton particulièrement savoureux. C'est drôle, c'est amusant, c'est totalement décalé par rapport à ce qu'on pourrait a priori attendre d'une biographie de Voltaire.
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Cette BD n'est pas inintéressante, mais je l'ai trouvé assez curieuse. Je ne m'attendais pas du tout à cela. Que des auteurs de BD français passionnés, passionnants et plein de talent essayent de faire revivre de vieilles planches de Mickey, je valide 1000 fois. Mais je m'attendais quand même à un peu plus de travail de leur part. Notamment, les planches manquantes ou abîmées auraient pu être réinventées, car j'ai eu une désagréable et frustrante impression de "texte à trous". On se demande même quelle légitimité ils avaient à mettre leurs noms sur la couverture...

Mais à côté de ça, je peux aussi comprendre l'envie de ne pas dénaturer. Et je reconnais également que ça reste une histoire plutôt sympa, qui a un côté nostalgique pour tout ceux qui ont lu des Mickey dans leur enfance. C'est rythmé, c'est drôle.

Malheureusement, je trouve que c'est plus une BD de collectionneurs, qu'on apprécie pour son rôle d'archive, qu'une BD de lecteurs, qu'on lit simplement pour se distraire.
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date : 09-03
J'ai trouvé cette lecture assez plaisante. C'est un livre court, qui se lit donc vite, et son style fluide et agréable rend la lecture d'autant plus rapide. J'ai trouvé son ambiance TRÈS réussie. On a vraiment ce sentiment de personnages mis sous cloche, dans ce calme et paisible parc, alors qu'on est pourtant dans un univers urbain, et donc dense, bruyant, pollué, stressé, anonyme - choses qu'on nous fait aussi sentir. J'ai réellement retrouvé des sensations que je peux moi-même avoir quand je me promène dans un parc. C'est également un livre plutôt amusant. On n'enchaine pas les blagues, mais on rencontre tout de même plusieurs situations ou dialogues assez cocasses qui donnent le sourire. C'est un livre frais et feel good.

Seulement, côté scénario, ça se gatte un petit peu quand même. Peut-on même dire qu'il y en a un ?...
J'aurai sincèrement préféré pouvoir répondre franchement non à cette question ! Un livre contemplatif ou expérimental qui se serait contenté de nous faire ressentir des émotions et des sensations agréables autour de l'univers des parcs aurait réellement pu me plaire. Mais ce n'est pas cela qu'on nous offre ici.
Ici, on nous offre quand même un semblant d'intrigue. Amoureuse, avec le passé de notre personnage principal (dont j'ai complétement oublié le nom... Est-ce qu'on nous l'a donné d'ailleurs ?) et sa rencontre actuelle. Professionnelle, avec de nombreuse référence au métier de commercial en cosmétique du héros. Amicale, avec le fait qu'il se soit installé chez des amis durant un temps. Familiale, dans la complexe relation mère-fils. Bref : il y a indéniablement de la matière pour faire un scénario. Mais le fait qu'on ne traite pas vraiment ces sujets rend l'ensemble un peu frustrant.
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date : 01-03
Cette lecture est un coup de cœur, même si je lui trouve des imperfections. J'ai notamment été un peu agacée par la construction des personnages, outre le fait que Sam soit trop naïf et sans deux sous de jugeote pour être "réel", le fait de passer son temps à comparer les cultures occidentales et japonaises, en y intégrant une forme de jugement de valeur, qui est meilleur que l'autre, qui a raison, ne m'a pas semblé très pertinent et judicieux. Mais ces défauts, j'ai envie pour une fois de dire que je m'en fous, car le reste me le fait largement oublier.

Le reste ? Un livre déjà très agréable à lire. Un style d'écriture fluide et soigné. Une réalisation qui, bien qu'occidentale, copie la poésie, la pudeur et la puissance d'évocation des auteurs nippons. Une copie qui a du sens au vu de l'intrigue et qui n'est nullement déplacée. On sent que c'est écrit par quelqu'un qui connaît parfaitement et qui a un profond respect pour la culture japonaise, et qui prend plaisir à l'expliquer à ses lecteurs.

Ensuite une histoire. Avec un petit comme avec un grand H.
L'histoire de cette famille traditionnelle du japon des années fin 50-début 60, qui accueille un étranger chez eux, avec une curiosité mutuelle. Le dépaysement nous gagne très facilement, et titille notre curiosité tout le long de la lecture. Le côté introverti et les bonnes manières de Yuka nous touchent. Le côté bien plus fougueux d'Ohatsu amène du pep's. La galerie de personnages secondaires est marquante
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: la maladie de Fumio nous fait mal au cœur, ce paysan qui découvre les escalators nous amuse, l’honnêteté sans fard du peintre nous glace, etc.


L'Histoire de la bombe atomique d'Hiroshima. Ou plutôt de l'après, dont on parle beaucoup moins dans les livres d'histoire. Le traumatisme, le deuil, le rejet, les maladies et autres conséquences à long terme. C'est de cela dont il est question. J'ai appris plein de chose et ça m'a beaucoup touché. C'est un livre qui fait preuve d'une grande pédagogie et d'un devoir de mémoire d'autant plus remarquable qu'il -je le répète- vient d'une journaliste occidentale.
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date : 23-02
On va commencer par le visuel : c'est indéniablement beau. Il faudrait être franchement difficile pour ne pas le penser. C'est bien fait, c'est soigné, c'est précis. On nous plonge sans aucun mal dans différents lieux, époques, et ambiances. Le travail du coloriste est également sans faute.

Cela dit, je soupçonne fortement l'auteur d'avoir travaillé à partir de photographies pour les lieux réels. Ça ne s'explique pas vraiment, mais ça se voit, ça se ressent. Et quelque chose m'a dérangé dans ces planches. On plutôt dans le décalage que cela créé avec les autres planches, tirées elles de l'imagination de l'auteur. Cette absence d'unité sur l'ensemble du livre m'a gêné.

Passons maintenant à l'intrigue... Je reste vraiment perplexe. Il y a du bon. J'ai aimé le côté fantastique de l'histoire, ainsi que le fait qu'on ne soit pas forcément allé chercher l'évidence. Bien sûr qu'on va parler un peu de la Joconde, incontournable quand on parle du Louvre, ou même d'art en général. Mais on va aussi parler de du peintre Corot, de la ville d'Auvers-sur-Oise, ou de l'histoire du musée pendant la Seconde Guerre mondiale. Et là, clairement, on est dans l'inattendu.

Mais j'avoue également ne pas être parvenue à trouver de fil rouge à cette histoire. Chaque chapitre pourrait être lu indépendamment du précédent. On n'a pas d'explication à tout cela, et à la fin, on ne sait pas vraiment ce qu'on a cherché à nous raconter. Bref, c'est un livre que j'ai trouvé assez peu intéressant dans son ensemble.
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Je suis tellement déçue par cette BD ! Le concept du personnage de la voisine sexy avec un chien pénible m'avait complètement emballé sur le papier, car je pense très sincèrement qu'on pourrait faire un truc génial sur ce thème. Mais j'ai trouvé les développements tellement... plats. Et puis pas drôle, surtout. Les saynètes qu'on enchaîne ne mènent absolument à rien ; leurs chutes tombent systématiquement à côté.

Ce n'était déjà pas glorieux, mais la seconde partie de la BD, "Le retour du chien de la voisine" fini de m'achever, par son humour de mauvais goût et choquant
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: en quoi montrer une femme tenter de tuer un chien avec de l'insecticide ou un homme abandonnant le chien est censé être drôle ????!!!
Je n'ai par ailleurs pas été séduite par le style des dessins, que j'ai trouvé trop brouillons par moment.
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date : 19-02
Grande nouvelle, je me suis enfin décidée à lire ce qui est probablement le plus vieux livre de ma PAL ! Sans exagérer, je crois que ça fait 10 ans qu'il y traîne. Bon, disons le tout de suite, l'attente n'a pas décuplé mon excitation. Cependant, je pense que mon jugement sur ce livre est moins dur aujourd'hui qu'il ne l'aurait été il y a 10 ans. Ce qui a un succès fulgurant sans raison à mon sens m’énerve prodigieusement. Mais toute la folie Stephenie Meyer / Twilight étant bien loin derrière nous (ouf), aujourd'hui je rigole plutôt bienveillamment des défauts de ce livre.

Le plus gros défaut, le plus flagrant, celui qui a vraiment gâché ma lecture de la première à la dernière page c'est que c'est affreusement mal écrit. Alors oui, c'est un style est facile d'accès - le livre est pourtant assez gros, mais je pense que même un novice en lecture pourrait s'y aventurer -, qui vient d'une romancière qui n'a jamais affiché de prétention particulière sur ce point et n'ambitionne clairement pas à gagner un jour le prix Pulitzer. Mais être modeste et réaliste sur ses capacités n'excuse pas tout. Il n'y a aucune recherche, elle a jeté ses mots sur le papier juste comme ils lui sortaient de l'esprit. Qu'est ce que c'est plat et sans saveur. Et puis surtout : bourré de répétitions et de descriptions superflues qui enfoncent des portes ouvertes. Le nombre de lignes ou de paragraphes que j'ai sautés est juste incalculable, dans la mesure où le plus souvent, la première phrase du paragraphe est la seule d'utile et qui fait avancer les choses.

En revanche, j'avoue volontiers avoir trouvé l'univers de ce livre assez intéressant, et même original. Autant Twilight n'avait ZÉRO originalité, ni dans son genre (romance + vampires) ni dans sa construction (triangle amoureux) ni dans ses personnages hyper stéréotypés. Autant les Âmes vagabondes propose une histoire SF-futuriste plutôt bien réfléchie. On développe quand même assez bien l'univers, avec le concept d'âme tel qu'il est entendu dans cette histoire, les différentes planètes et races qui les peuple, cette sorte de colonisation, comment elle s'est mise en place et pourquoi, la résistance qu'elle rencontre, etc. Plutôt bien construite
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j'ai bien aimé le fait qu'on ait une narration à la première personne, par cette narratrice tiraillée entre deux personnalités.[/spoiler] Et plutôt inédite. Je ne prétends pas être experte en science-fiction, mais je ne vois pas d'exemple évident d’œuvre avec une intrigue jouant sur les mêmes codes. Tout ça fait que c'est un livre qui est bien plus ambitieux, bien plus compliqué à mettre dans une case, et qui s'adresse à un lectorat beaucoup plus large que Twilight.

Alors oui, tout n'est pas parfait. J'ai notamment trouvé que l'aspect romance ne se justifiait pas vraiment, occupait une place disproportionnée dans le livre, et était pour le coup très mal construit, maladroit et pas du tout original [spoiler]une relation qui commence par ce qui s'appelle une agression sexuelle, ce n'est pas ce qui me semble être le meilleur choix pour faire rêver des gamines. Les personnages sont tous beaux et séduisants et stéréotypés au possible.
Mais bon, même si c'est pas ouf, c'est ce que je disais plus haut, je n'ai pas envie d'être méchante. Le reste de l'univers en fait déjà un roman mieux pensé et plus intéressant que la majorité des créations YA que j'ai été amené à lire, et j'ai envie de gentiment retenir cela.

Il ne faut cependant pas exagérer non plus, ça ne fera qu'une liste "lu aussi" au vu des défauts, mais avec les encouragements et une forme d'agréable surprise du jury.
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date : 10-02
Quel début de lecture éprouvant ! Les premières pages sont très marquantes tant elles sont affreuses, mais elles sont également d'une puissance et d'une force qui bluffe instantanément le lecteur. On reste vraiment sonné et ancré au sol. On peut même être pris d'un doute : ai-je vraiment envie de lire cette histoire ? Pour ma part c'est un grand oui, car on comprendre tout de suite qu'on n'a pas n'importe quel livre dans les mains. On a au contraire un livre très ambitieux, hors norme au niveau de son thème et porté par un style d'écriture froid, mais qu'une maîtrise remarquable. Chaque mot est savamment pesé du début à la fin de l'histoire.

Je suis une fille très binaire : une style d'écriture aussi soigné que celui-ci, ça suffit largement à me faire dévorer un livre, peu importe son histoire. C'est clairement ce qui s'est passé ici. Je trouve que ça se lit bien, ça se lit vite, ça se lit avec plaisir, ça se lit avec passion. Bref, c'est addictif, j'avais une vraie envie de connaître la suite, et j'ai véritablement passé un bon moment

Mais en plus de ça, l'histoire m'a plu. La façon dont la vie de Louise est décortiquée, en faisant l'analyse froide et factuelle de son milieu modeste et toutes les humiliations qu'elle a vécues est hyper troublante. On début du livre, on se dit que c'est un monstre. Au fil du livre, sans pardonner, très loin de là, on arrive a comprendre comment elle en est arrivé à un tel geste, qui mêle jalousie, dépendance et appel au secours.

La façon dont est décortiqué le couple que forme Myriam et Paul est tout aussi intéressante et troublante. Peut-être d'autant plus pour moi, dans la mesure où je me suis sentie plus proche d'eux que de Louise. Leur mode de vie assez privilégier et leurs valeurs sont en partie miennes. On est tous le bobo de quelqu'un et l'agacement n'est jamais bien loin en la matière.

Mais c'est surtout Myriam qu'on décrypte, Paul est finalement un personnage secondaire, tout comme les enfants. C'est l'histoire de la confrontation de deux femmes, de deux mères, complètement opposées - et on sait que dans une société comme la nôtre, la faute repose toujours sur la mère, jamais assez parfaite, jamais assez pure... Ce qui fini de nous achever dans ce livre, c'est vraiment la description sans concession qui est faite de la maternité ; y compris et surtout sans ses aspects sombres ou peu glorieux. Ce concept si étriqué, si personnel et si inintéressant quand c'est une copine qui vous parle de sa grossesse ou de son accouchement prend ici une envergure et une puissance assez rarement atteinte dans une œuvre de fiction.

Bref, je n'ai pas grand chose à redire, c'est un excellent livre. On regrettera peut-être la fin cependant, car j'ai trouvé qu'elle arrivait un peu vite, sans qu'on sache pourquoi on a choisi de s’arrêter là plutôt qu'à un autre moment.
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date : 08-02
J'ai découvert Fabcaro tout récemment, avec "Formica", sa dernière BD en date. Cette BD m'a vraiment laissé une très bonne impression, car j'ai adoré et trouvé hyper original son humour absurde.

Réaction habituelle chez moi quand j'ai aimé quelque chose : vouloir en découvrir plus ! Je me suis donc naturellement tournée vers son livre le plus populaire et qui l'a fait connaître. Et j'avoue que je suis soudainement comme prise d'un doute...

Je ne peux absolument pas dire que "Zaï zaï zaï zaï" soit moins bien que l'autre BD que j'ai lue. Le style, le ton et l'humour sont exactement les mêmes. J'aurai même tendance à penser que cette BD est objectivement meilleure, car elle aborde des thèmes plus profonds. Il y a par exemple une vraie critique des médias, qui est plutôt très pertinente.

Mais je reste sur une impression très bizarre de ne plus du tout avoir été surprise. "Formica" m'avait bluffé par son originalité et son audace alors que là, j'ai trouvé ça attendu et un peu plat. Je savais déjà à quoi m'attendre et c'est beaucoup moins fun du coup.

Je pense donc en rester là avec cet auteur, car j'ai l'impression d'avoir déjà fait le tour de la question en seulement deux BD. Mais je vous conseille tout de même de lire au moins l'une de ses BD, car son style et son humour méritent vraiment qu'on s'y intéresse.
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date : 07-02
J'ai découvert Cindy Costes grâce au webzine L'Indé Panda, qui dans son numéro 2 a publié l'une de ses nouvelles ("Le Voyage") que j'ai littéralement adorée. Elle m'avait vraiment touché et marqué, de par son thème, et surtout par la justesse absolue de ses mots.

Je ne peux du coup absolument pas cacher ma déception à la suite de la lecture de cette nouvelle-ci. Mes attentes étaient peut-être un peu trop hautes ? Mais pour moi, il n'y a pas que ça. C'est limite si je n'ai pas l'impression que ces deux textes ont été écrits par des personnes différentes.

Il est vrai qu'on retrouve des thèmes (la famille et les enfants) mais aussi une intention similaires, avec un message positif et inspirant au final. Mais la comparaison s'arrête là. "C'est pour ton bien" ne m'a pas semblé abouti. Les dialogues sonnent creux, et manquent terriblement de cette justesse, qui m'avait bluffé par le passé.
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Vous arrivez en retard à un rendez-vous entre copines dans un café, votre première phrase est "j'ai du retard", non, désolée, mais on va penser à tout sauf à vos règles et au fait que vous soyez peut-être enceinte. D'ailleurs, soit dit en passant : RÈGLE RÈGLE RÈGLE RÈGLE MENSTRUATION RÈGLE. L'auteur semble avoir peur de ce mot car elle ne l'utilise jamais, c'est un concours de périphrases digne d'une adolescente, c'est insupportable.[/spoiler]

Par ailleurs, les choses m'ont en permanence semblé aller trop vite. Par conséquent, il est difficile de trouver une réelle crédibilité à l'ensemble. Les personnages sont caricaturaux au possible. On le voit à 10km que Gaby est une personne toxique. [spoiler]Mais le fait qu'elle décide à la place de sa copine d'avorter, c'est vraiment too much. [/spoiler] La chute est attendue. Le retournement de situation arrive lui aussi trop vite, usant d'arguments bateau et peu recherchés. [spoiler]Personne ne va se faire avorter "par confort" ou de gaieté de cœur, et on ne prétend d'ailleurs jamais le contraire dans ce livre. Mais le passage "je m'imagine lui donner le sein" fait tellement mauvais pro-life ; transforme un passage clé de l'histoire, qui aurait dû être fort et touchant, en niaiserie extrêmement maladroite.


Bref, Si je devais résumer mon impression en une seule phrase, c'est que c'est que le format est beaucoup trop court pour ce qu'on a voulu raconter. Le double de pages au moins aurait été nécessaire pour faire une histoire juste, touchante et sans maladresse. Après, ça reste un texte accessible gratuitement sur internet (kindle), donc je n'ai à la limite pas perdu grand chose.

Je termine tout de même en disant que je pense malgré tout que c'est une auteur indépendante à découvrir car son univers est intéressant (même si je n'ai pas l'impression qu'elle ait une actualité récente - quelqu'un a des infos ?). Mais ce n'est clairement pas ce texte là que je vais vous conseiller en priorité.
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Je suis très heureuse et très fière d'avoir ce livre dans ma collection. Il est juste MA-GNI-FIQUE. Ce n'est bien sûr pas mon premier livre illustré, mais je trouve qu'il a vraiment une saveur particulière. C'est une création très moderne et hyper élégante, avec ce superbe choix de couleur : blanc, bleu et doré, sur ce beau papier à la texture chaleureuse. Il y a un énorme sens du détail, pas une page du livre qui n'a pas été savamment pensée, TOUT est bien réfléchis, y compris le placement des numéros de page ou encore les rabats marque-page. C'est un parfait travail d'édition, d'une maison que je ne connais pas très bien (Le Castor Astral) mais qui mérite visiblement qu'on s'y intéresse. Les illustrations sont de Clara Lauga et la direction artistique de Vincent Falgueyret ; leurs noms ne sont écrits qu'en tout petit sur la quatrième de couverture, je les ai cherché un moment, c'est pour ça que je me permet de les re-citer ici.

Ceci étant dit, le livre commence par une petite biographie de Pamela Lyndon Travers écrite par le traducteur, Thierry Beauchamp. C'est bien dosé, ni trop long ni trop court. C'est un bon choix de l'avoir mise en début d'ouvrage, car ça permet de bien situer les choses, les replacer dans leur contexte.

On enchaîne sur une sorte de lettre ouverte de Pamela Lyndon Travers, initialement publiée dans New york Times Magazine, où elle parle de son travail de romancière, et plus précisément de son rapport à la littérature jeunesse. J'ai trouvé ça passionnant, on sent qu'il y a une vraie réflexion dans ses paroles, un engagement de sa part, un subtil choix de mot. Ça m'a fait penser à une citation de Virginia Woolf sur Alice au pays des merveilles et de l'autre côté du miroir : "Les deux Alices ne sont pas des livres pour enfants mais plutôt les seuls livres pour lesquels nous devenons enfants". Les seuls ? Non, puisqu'il y a aussi Mary Poppins. Bref, c'est une jolie mise en bouche, qui permet elle aussi de se familiariser avec la personnalité complexe de la créatrice de notre fameuse gouvernante.

Je précise à ce stade que je n'ai pas souvenir d'avoir déjà lu un roman de Mary Poppins dans ma vie, avant celui-ci. J'ai vu des films Mary Poppins, j'ai vu des films qui parlaient de Mary Poppins (je pense notamment à "Dans l'ombre de Mary" que j'ai trouvé très sympa), j'ai vu un nombre incalculable d'histoires, tout support confondu, qui clairement s'inspiraient de Mary Poppins. Mais l’œuvre originale... Je suis passée à côté. Si c'est aussi votre cas, est-ce que ça pose problème ? Non, on arrive très bien à suivre les intrigues du livre. Cependant, il faudra accepter de ne pas avoir une vraie présentation des personnages principaux. Il y a également un personnage clé de "La Maison d'à côté", Mlle Andrews, qui est vraisemblablement déjà apparu dans un précédent livre. Et donc là aussi, il faut accepter qu'on ne va pas tout nous réexpliquer.

Pour le reste, la première histoire, "La Maison d'à côté" est très intéressante à suivre et a le mérite de traiter de sujets assez puissants. Luti, ce petit garçon malmené et déraciné de son pays natal est un personnage fort, inattendu dans un livre jeunesse et pour lequel on a de la compassion. Il fera même fondre notre froide gouvernante-magicienne, qui présente une grande et touchante complicité avec les enfants dans ce tome. Le dénouement est un poil trop rapide à mon goût, mais c'est aussi ça la magie de Mary Poppins, donc on fait avec. Je regrette en revanche son côté un peu immoral
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Mlle Andrews méritait vraiment cela ? Une prise de conscience de ses erreurs et des regrets auraient été plus positifs.


La seconde histoire "Mary Poppins dans l'allée des cerisiers" est moins accrocheuse, du fait de sa structure narrative plus complexe, voire un peu étrange. L'intrigue se passe dans le parc, et le vrai héros est finalement le gardien, qui va au cours de la nuit rencontrer tous les autres personnages et vivre une petite histoire avec chacun. On peine un peu à voir une intrigue ou un thème qui se décroche plus qu'un autre, qui nous touche et nous reste en mémoire. Les développements et la conclusion sont un peu lunaires. En revanche, le rythme et l'humour sont au rendez-vous. On enchaîne les quiproquos et les situations absurdes assez savoureuses. J'y ai également beaucoup plus ressenti les aspects ésotérique et crépusculaire évoqués sur la 4ème de couverture et dans la préface. Il est vrai que cette histoire est troublante et qu'il s'en dégage une certaine mélancolie.
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Déjà le tome 4 et je suis contente car j'ai enfin une originalité à signaler ! J'ai beaucoup aimé le récit du voyage aux États-Unis tout au début du livre. On prend vraiment le temps de décrire ce voyage, et les anecdotes sont assez drôles. Dans un tout autre style, le côté médical de la fin a également son intérêt. C'est plutôt original, ce n'est pas forcément ce à quoi on s'attend en premier à lire dans cette saga, mais ça s’accorde pourtant parfaitement au reste. Le milieu est plus quelconque, on est égal à soi-même, ce n'est pas la meilleure saga de Lewis Trondheim mais ça se lit bien et c'est assez distrayant ; à défaut de réellement marquer son lecteur.
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Les tomes s'enchainent, les commentaires se ressemblent. En effet, ils sont tellement dans le même style et la même ambiance les uns les autres, qu'il est difficile de souligner une vraie originalité ou de marquer une préférence. Quoi qu'il en soit, si j'avais été un peu déçue à la lecture du premier tome, trouvant le concept un peu trop simpliste, je commence réellement à me prendre au jeu et à prendre plaisir à la lecture. L'aspect voyage me plait toujours autant, et la personnalité de notre personnage principal (et auteur) est attachante.
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Tome 2 de la série, dans la continuité parfaite du premier. Ce n'est pas hyper original, mais on enchaine les scènes de la vie quotidienne que l'humour et la personnalité de Lewis Trondheim rendent savoureuses. Son côté hypocondriaque et anxieux est particulièrement drôle. Les voyages sont toujours bien présents, mais j'ai l'impression qu'un peu moins que dans le 1er. J'ai donc un peu moins aimé ce tome pour cette raison.
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Je pense pouvoir dire sans offenser personne que ce n'est pas la meilleure œuvre de Lewis Trondheim. Qu'un auteur et scénariste aussi créatif que lui ne propose finalement rien de plus que des petites scénettes de la vie quotidienne, presque banales, ça peut décevoir. Mais en même temps, ça reste une œuvre de Lewis Trondheim. Est-ce donc mauvais ? Par définition non. Ça reste son style, sa personnalité, sa vision du monde, son humour, etc. Je trouve qu'on passe malgré tout un agréable moment, on entre très facilement dans ses délires, qu'il a eu l'excellente idée de poursuivre comme des fils rouges tout le long de la BD. Je pense que ce qui m'a le plus séduit, c'est le côté "carnet de voyage", puisqu'on bouge beaucoup, et les anecdotes de vacances ont cette saveur particulière du dépaysement qui est très agréable.
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date : 17-01
Ce n'est pas le premier roman d'Ogawa Ito que je lis. J'ai en effet déjà à mon actif "Le restaurant de l'amour retrouvé" qui, sans être un énorme coup de cœur, me laisse un bon souvenir. Je retrouve dans "Le jardin arc-en-ciel" des qualités communes, notamment un style d'écriture fluide, qui nous embarque avec lui, et qui fait qu'on n'a pas envie de reposer le livre, tout simplement. Autre point de convergence, le traitement de sentiments assez nobles (l'amour, la tolérance, le partage,...) qui parfois font du bien à entendre. Il y a un vrai coté feel-good, d'autant plus présent que les personnages sont attachants.

Seulement, il y aussi une différence fondamentale entre les deux, que je regrette. Le restaurant avait un côté, pas tout à fait fantastique, mais au moins... Surnaturel. C'était un roman typiquement japonais, où il arrivait parfois des choses qui échappaient à toute logique, mais ce n'est pas grave, on ne nous donnait pas d'explication, comme si tout était normal.

Alors que Le jardin se veut bien plus terre à terre et réaliste. Ça a du bon, ça permet le traitement de "vrais" sujets, notamment l'homosexualité et l'homoparentalité et leur acceptation (ou non) par certaines personnes. Mais ça rencontre aussi ses limites par moment par, pour le coup, un excès d'explications qui enfoncent des portes ouvertes.
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La grossesse de Choko est typiquement un évènement qui aurait pu rester inexpliqué. Au lieu de ça "ah bah non, c'est parce que malgré le fait que je sois lesbienne, j'ai couché avec un homme juste avant de te connaître et du coup je suis enceinte, mais t'inquiète je n'aime que toi - Oh oui Choko, moi aussi je n'aime que toi *pleurs*".
Tout ça donne un côté terriblement naïf et mièvre à l'histoire. J'avais parfois l'impression d'assister à une télénovela hispanique.

Ça m'a vraiment dérangé par moment. Car en soi, l'enchaînement d'actions m'a plu, tout comme la construction de l'intrigue, autour de plusieurs voix, plusieurs points de vue, plusieurs narrations. Mais il y a un nœud dans le système, un truc qui coince, malgré des passages plus justes et touchants.

C'est comme ça que j'ai fini par classer ce livre en "lu aussi", c'est peut-être un peu dur, car je l'ai tout de même lu avec plaisir, mais j'ai classé le restaurant en bronze, et je ne pouvais pas les mettre dans la même boite.
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Je ne connaissais pas l'auteur avant cette BD, je suis donc sur une découverte, et pour moi c'est une grosse surprise - bien que j'ai cru comprendre que les habitués aient regretté un manque de renouveau
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(on en parle d'ailleurs dans la BD elle-même !).
Je ne m'attendais mais alors pas du tout à une BD comme ça, aussi... Folle ? Je m'attendais à une simple histoire de repas de famille qui se passe mal, alors que c'est tellement plus original. J'ai été surprise, mais aussi séduite, dès les premières pages, par la tournure complètement absurde des évènements. Même si quelques blagues manquent de finesse et tombent à l'eau - j'ai notamment trouvé très lourdes toutes les allusions sexuelles qui n'avaient pas lieu d'être - j'ai trouvé ça globalement très drôle. La construction théâtrale est intéressante. Le style épuré des dessins, se concentrant principalement sur les personnages, est assez sympa également.
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date : 04-01
S'il y a bien une chose qui m'a immédiatement séduite, c'est le style des dessins, qui est juste hyper intéressant et poétique. Ce mélange de crayonnés, de détails lumineux plus précis et de textures, appliqué à un univers très "orientalisant" est vraiment très réussi. Je garde en mémoire la beauté de certaines planches, par exemple les vues du désert.

C'est très ambitieux de s'attaquer à une réécriture d'un classique comme Les Mille et Une Nuits. Peut-être un peu trop pour un format si court ? En tout cas, je n'ai pour ma part pas été séduite par l'intrigue, que j'ai trouvé décousue et complexe, dans le mauvais sens de ce terme. Trop de thèmes, trop d'univers, trop de styles. Des incursions fantastiques pas toujours bien nécessaires ou justifiées à mon sens. Des transitions pas très claires et peu soignées. La contrainte des 80 pages d'une (déjà grande) BD franco-belge ne me semble pas avoir été surmontée.
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Vous comprendrez aisément que, de par sa forme, il est impossible de noter ce livre selon les critères habituels : il n'y a pas de scénario, de suspense ou d'humour ; et si style d'écriture il y a (bien que discutable compte tenu du caractère oral des plaidoiries), il n'est en rien imputable au prétentieux qui a écrit son nom sur la couverture ! Son seul mérite étant d'avoir mis un coup d’agrafeuse à des plaidoiries prononcées par d'autres, et d'avoir écrit une vingtaine de courts résumés des affaires, à la rigueur bien plus journalistique que juridique... Mais bref, passons.

J'ai bien apprécié cette lecture. Bien sûr que certaines plaidoiries m'ont plus touché que d'autres. Bien sûr que certains sujets m'ont plus interpellé que d'autres. J'ai par exemple été particulièrement saisie par toute la partie qui a été appelée "Combat pour l'innocence" ainsi que par "La passion à la barre", quand celle "Au cœur de la société" m'a un peu passé au-dessus. Mais c'est le jeu, et dans la globalité, j'ai trouvé ce livre intéressant et instructif. La ferveur, la passion et la sincérité mises par les avocats dans leurs plaidoiries nous atteignent facilement. Le choix des affaires est pertinent, car il y en a un peu pour tous les goûts : du débat de société, de l'historique, du politique, des grandes causes, des cas individuels, des avocats très médiatiques comme des un peu plus discrets.

Je n'aurais qu'un regret, c'est des choix d'extraits parfois un peu courts. Quand on nous annonce une plaidoirie qui a durée des heures, voire parfois des jours, pour en mettre ensuite qu'un extrait de 4-5 pages, clairement, il y a quelque chose qui cloche ; quelque chose qui est finalement impossible à retranscrire. Et je trouve ça d'autant plus regrettable quand on fait le choix de mettre plusieurs extraits pour une même affaire. Je prends pour exemple le procès de Jérôme Kerviel, avec la plaidoirie de Jean Reinhart qui fait... 10 lignes. C'est juste ridicule, ça ne retranscrit en rien ni son travail, ni son éloquence, ni son raisonnement. Autant de rien mettre du tout.

Après je ne vous cache pas une chose : je suis juriste. Et je suis tout à fait incapable de dire si un non-juriste trouvera à cette lecture un intérêt similaire au mien, ou même s'il comprendra toutes les subtilités de procédure parfois mises en avant. Je n'ai aucun doute sur le fait que sur scène, porté par un grand acteur comme Richard Berry, cela peut parler et passionner tout le monde - en attestera le succès du spectacle - mais à l'écrit je trouve ça assez différent. Ça fait tout de suite plus "intello". Par ailleurs, si je ne dis pas de bêtises, Richard Berry ne joue que 6 de ces plaidoiries sur scène, ce qui rend également le format beaucoup plus court.
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date : 28-12-2019
Je n'ai pas terminé ce livre. Je l'ai commencé il y a plus de 2 mois, j'en ai lu 150-175 pages. Puis j'ai décidé de faire une pause dans ma lecture. J'écris finalement ce commentaire dès maintenant, car mon opinion est faite et que les chances que je reprenne ma lecture un jour sont quasi nulles.

Ce n'est pas un livre mal écrit. Ce n'est pas non plus un livre à l'histoire inintéressante. Bien au contraire, je trouve qu'il y a un gros travail de construction d'un univers propre, bien pensé et assez original, que je tiens vraiment à souligner. C'est de la SF subtile, avec un future proche, qui ne change que sur la façon dont la société traite la pauvreté et les exclusions sociales. C'est une dystopie adulte et engagée, on trouvera tous aisément de gênants points de convergence avec les ghettos de pauvres et autres "jungle" de réfugiés qu'on peut voir aujourd'hui en France.

Mais je n'ai pas DU TOUT aimé l'ambiance de ce livre. J'ai trouvé ça d'une part trop dur, lourd, pesant, glauque, plein de pathos. Et ça tout le temps, dès le début du livre, sans vraie justification ni instant de répit. Notre personnage principal ne peut pas juste s'occuper d'une vieille dame peu affable, non, faut aussi que cette vieille dame ait une maladie de peau qui nécessite des soins peu ragoutants. Notre personnage ne peut pas juste faire des ménages, non, faut qu'elle fasse des ménages particulièrement dégueulasses (genre des toilettes lavées qu'une fois par mois). C'est comme ça tout le temps, pour tout et n'importe quoi. A un moment on veut juste dire stop.

Et d'autre part, je trouve que ce ton très misérabiliste - qui se veut surement "vrai", on montre la réalité des choses, même ce qu'on nous dit pas habituellement - tranche complètement avec la vacuité du traitement qui est fait du thème et de l'univers. Il y a quand même plein de choses intéressantes et intelligentes à dire sur le sujet de la pauvreté et des inégalités, pour interpeller et éveiller les consciences. Mais on le fait pas. A la place, on nous sert des paragraphes, voire des pages entières, de propos d'une platitude affligeante, sans aucune profondeur d'analyse. Vous vous installez une demie-heure dans un bistrot, vous allez entendre les mêmes. Ça gâche toute la bonne idée de départ.

Alors oui, il y a bien la thématique de la solidarité, ce groupe de femmes qui se soutient et s'entraide, alors qu'elles sont au fond du trou. C'est agréable d'entendre parler d'un tel thème, c'est tellement rare. Mais ça occupe une place bien trop minime dans le livre pour avoir réellement de l'importance et contrebalancer le reste.

Le cumule de tout ça fait que je n'ai absolument aucune envie de me replonger dans ce livre, qui m'inspire uniquement de la déception, de la répulsion et du dégout. J'en suis vraiment à me demander sur quelle horreur je vais encore tomber si je reprends cette lecture. Bref, la fin (et les autres livres de l'auteur) ça sera sans moi.
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