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Extrait ajouté par Odlag 2017-04-20T09:50:39+02:00

"Le problème, Sansaï, c'est que même si vous faites des efforts pour me comprendre et même si vous pensez avoir lu tout ce qu'il était possible de lire dans ma tête, vous n'avez qu'une connaissance imparfaite de ce que je suis. Le plus étonnant, c'est que depuis deux ans, cela ne vous est pas venu à l'esprit que je puisse ne pas avoir envie d'être comme vous. Or, Sansaï, je suis au regret de vous apprendre que je ne suis pas vous."

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« La vérité est impartiale. Elle ignore les notions de conscience et les frontières. Elle est esprit et elle est douloureuse. Elle écarte les portes qui ouvrent les mondes. »

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« Je creuserai un trou profond au milieu du grand nulle part, sans testament, sans richesse et sans larme. Un mort libre au milieu du grand nulle part. Aucun des fils du monde ne me verra disparaître. Moi, fils de la décadence, je glisserai mes os dans la bière et, au milieu des corbeaux et des vautours, je fermerai les paupières sur la ruine et la misère. »

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Extrait ajouté par Lyanaa 2017-07-31T13:26:40+02:00

Je me redressai sur les coudes, hagard, en me demandant où j’étais. Je me rappelai soudain Tel-Chire et ce voyage au bout de l’enfer. La fatigue croula sur mes épaules à cette pensée. J’avais bien besoin d’un petit remontant pour effacer le goût de bile qui envahissait mon palais. Je m’apprêtais à prendre la flasque que je dissimulais dans la poche de ma veste quand mes yeux s’arrêtèrent sur Tel-Chire. Un sourire fendit mes lèvres. Il était assis en tailleur, le dos des mains posé sur les genoux, paumes offertes vers le ciel. Ses yeux étaient grands ouverts et fixaient Dieu sait quoi d’un air aussi cave qu’un cadavre. Il émanait de lui quelque chose d’effrayant qui eut raison de mon sourire sarcastique. Ce type n’était pas humain. S’il n’y avait eu sa barbe de trois jours et les torsades de ses cheveux dans la brise du soir, on aurait dit une statue. Tout était froid, immobile, sans saveur, jusqu’à ses yeux d’archer aussi glacés qu’une tempête de givre.

"Bon Dieu, mais qu’est-ce que vous faites?" m’exclamai-je.

Ses yeux bougèrent dans leurs orbites à la vitesse d’un aigle et se posèrent sur moi.

"Jusqu’à présent, je dormais.

— Dormir comme tout le monde, c’est pas votre truc, c’est ça?

— Qu’est-ce que tu entends par “dormir comme tout le monde”?

— Pour commencer, fermer les yeux, ensuite être allongé et, pourquoi pas? Ronfler."

Il cligna des paupières. Était-il surpris, mécontent ou bien fatigué? Je n’en avais pas la moindre idée.

"Dis-moi une chose, Seïs, quand tu t’endors dans un quartier comme La Ruche, tu dors sur tes deux oreilles?"

Je ricanai. "C’est ça et, lorsque je me réveille le matin, je pourrais toujours chercher mes bottes, peut-être même mon futal.

— Qu’est-ce qui te fait croire que tu es plus en sécurité ici qu’à La Ruche?

— Trois raisons: la première, c’est qu’on pionce à dix mètres de la tour de guet du Pont de Rovenne, surveillée par une demi-douzaine de gardes. La deuxième, les voleurs de caravane sont pas très malins, c’est vrai, mais ils ne sont pas encore assez débiles pour attaquer les convois pile en face d’une barbacane et se préoccuper de deux types qui, manifestement, ne leur apporteront pas un sou.

— La troisième?"

J’émis un petit ricanement. "Je pionce à côté d’un Tenshin. Ma préférée, personnellement."

Il eut un vague sourire. "Ton raisonnement se tient… à un ou deux détails près. D’abord, c’est à croire que tu ne connais pas les gardes des tours de guet. Passé minuit, ils sont fins bourrés. Ensuite, ce n’est pas tant les voleurs qui m’inquiètent. Enfin, souviens-toi d’une chose : un ennemi attaque toujours là où on l’attend le moins, à l’heure où on l’attend le moins. Si tu veux survivre, pare à toutes les éventualités et ne crois pas que ta bonne étoile veillera toujours sur toi, et moi non plus d’ailleurs, autrement je ne donne pas cher de ta peau."

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Extrait ajouté par Odlag 2017-04-20T09:45:57+02:00

"Ta culpabilité est lourde à porter, dit-elle. Elle n'est pas la tienne. Si tu cessais de te raccrocher à elle, elle cesserait...

- Et si je ne voulais pas ? la coupai-je. Si je me plaisais avec cette culpabilité ?"

Elle voulut parler ; je l'interrompis à nouveau : "Il n'y a de faiblesses que celles que l'on croit comme telles, lançai-je, furieux. Je vomis vos putains de failles. T'entends, Tei-Chire ? Je vis ma vie comme je le décide. Ce n'est ni toi ni ces foutues voix qui me dicteront ce que je dois faire, comment je dois être ou ce que je dois ressentir pour devenir un guerrier. C'est moi seul qui décide."

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Extrait ajouté par Odlag 2017-04-20T09:39:45+02:00

"Il est débrouillard, c'est le moins que l'on puisse dire, concéda-t-il, mais ça risque aussi un jour de lui valoir un paquet d'ennuis."

J'acquiesçai d'un air mi-grave mi-moqueur. "Tu sais... Je ne me fais aucun souci pour ton frère, déclarai-je en m'éloignant à reculons vers la forêt. C'est une anguille.

- Ah oui ! Pour la pêcher, il faut savoir la trouver... dans les bas-fonds qui regorgent de vase", se moqua Teichi.

Je pouffai de rire et secouai la tête de gauche à droite : "Parce que c'est un poisson de l'ombre... il se cache dans les obstacles."

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Extrait ajouté par Kyhael 2015-12-03T12:39:55+01:00

Al-Talen m’avait confisqué herbes et alcool. Ensuite, il m’avait envoyé remplir mes corvées en tonnant que j’allais apprendre à obéir et à me comporter en homme, et non comme ce semblant de traîne-savate (dans sa bouche, c’était un effroyable juron) débauché et grisé d’herbes prêtes à sucer le peu de cervelle qui me restait.

J’ai briqué les écuries, récuré les latrines avec une éponge, ciré les parquets, vidé les chiottes, nettoyé les cheminées.

Un matin où il me collait l’arrière-train un peu plus que d’habitude, que ça faisait déjà un moment que la moutarde me montait au nez et qu’il me sermonnait pour mon manque de discipline, j’explosai. Entre deux pelletées pour ramasser la merde des chevaux, je lui jetai par-dessus mon épaule : « Ça vous change un homme, le pouvoir. »

Pendant un moment, le silence me répondit. Je ne sais pas si c’était la peur qui m’empêchait de me retourner pour voir sa tête ou bien de la clairvoyance. Quoi qu'il en soit, j’enfonçai la pelle dans les profondeurs noires du box et l’entassai bien comme il faut dans un coin. Cela ne suffit pas. Al-Talen salit ses bottes dans la bouse et se planta devant moi. Il secouait la tête comme mon père quand il était à bout de nerfs : « Qu’est-ce que je vais faire de toi ? Seïs, grand Dieu, mais que vais-je faire de toi ?

— Une peau en descente de lit », suggérai-je, pas du tout impressionné.

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