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Je m'en suis rendu compte très tôt pour ma part, enchaîna-t-il d'un ton brusque. Cette volonté qui ne cesse de grandir en toi et qui prend de plus en plus de place. Tu veux ton indépendance. Même l'obsession que tu portes au passé — tes lectures, ton musée, tes réminiscences —, ça a toujours été, au fond, pour pouvoir mieux t'en affranchir. Tu veux ton indépendance, répéta-t-il en détachant chaque syllabe, et je veux, moi, t'être indispensable.

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Si à un moment quelque chose ne te convient pas.. un geste que j'ai, un mot que je n'ai pas.. tu dois me le dire. Je ne veux pas avoir à me demander pourquoi je n'arrive pas à rendre ma femme heureuse.

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Personne n'est digne de toi, mais j'essaierai quand même.

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- Bien, dit-il d'un ton pragmatique. Puisque tu as fait le choix de rester, ça nous laisse un surcroît de temps.

- Du temps pour quoi ?

Ophélie craignait la mise au point d'une nouvelle mission. Elle n'était déjà pas certaine de mener à bien celle du lendemain sans se faire prendre - avec les conséquences désastreuses qui s'ensuivraient. Elle se rendit compte après coup que sa question avait provoqué sur Thorn un effet imprévu. Sa figure entière s'était durcie, depuis les lignes de tension de son front jusqu'aux muscles de sa mâchoire.

- Pour nous.

Ophélie haussa les sourcils. Il y avait eu, dans ces deux mots impératifs, de la possessivité ; puis à la seconde suivante, dans les paupières vides baissées, de la honte. Comme si Thorn s'était déçu lui-même. Ce n'était pas la première fois qu'Ophélie surprenait chez lui des forces contradictoires.

Elle se sentit portée vers lui par un élan irrésistible. Thorn la garda prudemment dans son champ de vision. Ses yeux étaient pareils à de la glace : froids et brûlants en même temps. Ophélie aurait tellement voulu atténuer un peu cette intransigeance...

Elle accueillit sur sa chair le courant galvanique des griffes qui la mettait à vif. Elle se hissa sur la pointe des pieds et, avec des gestes embrouillés mais déterminés, elle entreprit de défaire les boutons d'or de son uniforme. Le débarrasser de cette peau factice. Le rendre à lui-même, ne serait-ce qu'une nuit.

L'attention de Thorn s'était faite dévorante. Lui qui aimait si peu manger paraissait soudain en proie à la faim.

Tandis qu'il se refermait de tout son corps sur elle, Ophélie se fit une nouvelle promesse.

Elle changerait le regard de Thorn dans le miroir.

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- Je suis déjà heureuse. Un un peu plus que cela, même.

Les lèvres sévères de Thorn furent parcourues d'un frémissement. Il se pencha sur elle, résolument cette fois, mais l'articulation de son armature de jambe se bloqua, le figeant en plein élan. Il en fut si exaspéré qu'Ophelie ne put contenir son rire plus longtemps.

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—Il me faudrait plus que la bureaucratie de Babel pour m’empêcher de te rejoindre.

Les sourcils de Thorn se relâchèrent brutalement. Il contempla Ophélie d’un air dérouté, comme s’il était invraisemblable qu’elle fut toujours là, assise près de lui au bord de cet impluvium, et de son plein gré avec ça. Une succession d’expression fulgura alors a travers sa figure, si contradictoires et si subtiles qu’elles étaient difficiles à démêler les unes des autres. Soulagement. Frustration. Gratitude. Exigence.

Il esquiva le regard qu’Ophélie posait sur lui et dut s’éclaircir la voix avant de lui répondre enfin :

—Je t’attendrai.

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Ophélie comprit alors que l'intimité qu'ils avaient partagée la veille ne lui avait pas livré Thorn dans son intégralité ; une part de lui demeurait impalpable. L'intervalle entre eux était soudain mince, mais il était devenu de trop. Elle éprouva soudain le besoin d'y mettre un terme, mais elle reprit conscience de sa chair égratinée et de ses cheveux poussiéreux. Elle était sans doute un peu perturbante pour quelqu'un qui plaçait l'hygiène au premier rang de ses priorités.

-Dois-je me désinfecter ?

Les ténèbres s'abattirent sur Ophélie. Le souffle coupé, elle mit un moment à comprendre que Thorn l'avait brusquement plaquée contre lui. Les étreintes n'étaient chez lui précédées d'aucun signe avant-coureur. C'était la distance, et puis c'était le mélange.

-Non.

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Tu veux ton indépendance, répéta-t-il en détachant chaque syllabe, et je veux, moi , t'être indispensable.

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-Tu mentionnais mon aspiration à vous libérer, toi et le monde. Je n'aspire à rien du tout. J'ai besoin que tu aies besoin de moi, c'est aussi élémentaire que ça. Et je sais pertinemment que, dans ce conflit d'intérêts qui nous oppose, je suis condamné à être le perdant. Parce que je suis plus possessif que tu ne le seras jamais et parce qu'il y a des choses que je ne peux pas remplacer.

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Non, plus personne ne l'attendait au pôle et cela lui convenait.

Tant qu'il y aurait une personne qui l'attendrait ailleurs, cela lui conviendrait.

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