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Extrait ajouté par BoZo 2020-04-22T19:48:26+02:00

Là-dessus, avec une fluidité qui donnait presque l’impression qu’il s’était pratiqué plus tôt (peut-être était-ce le cas), il a tourné l’arme vers lui, a posé l’embouchure du canon sous la pointe de son menton et a tiré. Malgré la vitesse d’exécution, malgré la détonation assourdissante, Carl n’a pas bronché. Avec une précision extrême, il a enregistré chaque détail de la scène : le visage emporté vers le haut dans un éclat d’hémoglobine et de chairs, le corps bondissant une fraction de seconde avant de s’écrouler mollement vers l’arrière, les boules de billard éparpillées dans toutes les directions par la chute du cadavre au centre du tapis vert…

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:36:22+01:00

Il prend son courage à deux mains et s’éjecte hors de son trou. Il remonte sur le terrain plat et rocheux en cinq secondes et aperçoit Moustachu, tout près de la lisière où commence la partie boisée, qui lui tourne le dos. Seul. Il tient la batte et, près de lui, traîne une clé en croix, cet outil que l’on garde dans sa voiture pour changer un pneu crevé : sans doute l’arme avec laquelle Moustachu est arrivé. Carl veut lui sauter dessus, mais l’homme se retourne immédiatement en brandissant le bâton. Les deux adversaires sont à une dizaine de mètres de distance et pendant quelques secondes, on n’entend que la rumeur des cascades en provenance du pont. Moustachu remonte rapidement ses lunettes sur son nez, les traits terrifiés comme ceux d’un homme sur le point de se faire amputer une jambe à froid. .

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:36:13+01:00

Derrière, dans la Buick qui s’est garée un peu plus loin, les visages sidérés de l’Italien et de Moustachu fixent la scène. Le chauffeur de taxi sort enfin de sa stupéfaction, mais ne démarre pas : il brandit plutôt son cellulaire et, avec un air ridiculement menaçant, crie vers l’agresseur : — J’appelle la police, gros malade ! T’entends-tu ? Le cuivre atteint cette fois la vitre du chauffeur, qui en échappe son appareil de stupeur. Carl, malgré l’élan de douleur qui lui traverse l’épaule gauche, commence à frapper sur la poignée de la portière arrière droite avec sa batte tout en hurlant : — Débarre les portes, câlice, ou démarre, mais fais quelque chose ! Cependant le chauffeur, penché, cherche son cellulaire à tâtons en grommelant « M’a appeler les flics, mon maudit ! » La vitre éclate dans un fracas qui recouvre la voix enjouée d’Ariane Moffatt et Carl, fou de peur, redouble ses coups sur la poignée (mais pourquoi il démarre pas criss de sans-dessein)

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:35:58+01:00

Une lueur de victoire s’allume dans les beaux yeux verts de la comptable puis elle colle doucement sa bouche contre celle de Carl, promène d’abord le bout de sa langue sur les lèvres de son ex-amant. Il se laisse faire, jusqu’à lui entourer la taille (salaud de profiteur) puis ils s’embrassent franchement. Il bredouille : — Je dois sentir le diable… — C’est parfait : on aura pas peur de se salir… La main de Claudia descend jusqu’à l’entrejambe de Carl mais, malgré ses habiles caresses, aucun signe d’érection ne se profile à l’horizon. Parce que, criss ! il n’y arrivera pas ! Pas cette nuit ! Même si elle le suçait pendant trois heures, il ne banderait pas ! C’est tout simplement impossible ! — Maman ? Claudia recule comme si Carl l’avait mordue. Une fillette de sept ans, réplique exacte de la comptable mais en trente-cinq ans plus jeune, apparaît à l’entrée de la cuisine, les cheveux ébouriffés, les paupières bouffies et la moue incertaine. — Oui, mon ange ?

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:35:46+01:00

Qui est là ? La voix n’est pas si forte, mais elle éclate comme une bombe dans le silence de l’appartement. Malgré son épuisement, Carl se lève vivement, batte à la main, comme si la méfiance était désormais sa réaction première à toute situation. La voix retentit à nouveau, empreinte de frayeur en dépit de l’assurance qu’elle tente de dégager. — Répondez ! Qui est là ? Carl ouvre le placard et y range le bâton. — J’ai mon cellulaire ! Je suis en train de… — C’est moi, Claudia ! Les mots lacèrent la gorge de Carl et il tousse douloureusement après les avoir lancés. — Carl  ?

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:35:30+01:00

Le jeune tique et brandit sa nouvelle arme. Moustachu tourne les talons et, à la grande stupéfaction de Carl, file vers la rue. Barbu paraît cependant satisfait de cette réaction et, pied-de-biche en main, s’avance vers Carl, qui recule d’un pas en relevant sa batte. La peur – non, pas la peur, ça va trop vite pour qu’il puisse ressentir cette émotion – le stress l’empêche de prendre une décision précise : la fuite ou l’affrontement ? Carl a une bonne charpente mais ne s’est bagarré qu’une fois dans sa vie, en début de vingtaine.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:35:20+01:00

Le visage de Barbu se crispe, à la fois inquiet et menaçant, tandis qu’il raffermit sa poigne sur la clé anglaise. Beyoncé, comme si la présence de l’autre n’avait plus aucune importance, finit de dégager le pare-brise en maugréant. Désespéré, Carl pousse de ses deux paumes contre la vitre arrière, mais s’arrête aussitôt : il voit Barbu approcher en courant, sauter contre le coffre du Pathfinder en s’agrippant des mains et des pieds et, en trois secondes, grimper sur le toit. Carl lève la tête pour suivre au son la progression du jeune puis, au moment où Beyoncé se penche pour pénétrer dans le véhicule, Barbu se jette sur elle. Tous deux dégringolent sur le sol et Carl en profite pour revenir en avant et franchir le pare-brise en ignorant les légères coupures qui apparaissent sur ses mains.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:35:02+01:00

Tous les clients ont arrêté de parler, tout son a cessé dans le bar. Rien d’autre n’existe que le tueur. Ce dernier, le nez rougi et enflé, examine les lieux tout en frottant son poignet blessé puis il repère Carl. À vingt mètres de distance, séparés par une foule de consommateurs hilares, les deux regards se soudent l’un à l’autre. Il savait où tu travaillais. Évidemment, puisque Diane est venue ici cet après-midi. Et ce type est un professionnel, il s’est informé sur toi. Malgré le retour de la peur, il ne peut s’empêcher de trouver quelque chose de saugrenu dans cette dernière réflexion. Tandis qu’il soutient le regard du tueur en se demandant désespérément comment agir, il réalise enfin que Lorraine lui secoue légèrement le bras. Et s’il se fie à ses lèvres qui remuent, elle est en train de lui parler. Il cligne des yeux, déploie des efforts surhumains pour entendre et, peu à peu, le son revient dans le bar, comme si Carl sortait graduellement d’un tunnel. — Carl ? You-hou, Carl, t’es où  ?

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:34:47+01:00

Le moribond est maintenant entouré d’une foule d’une vingtaine de personnes dont certaines sont penchées sur lui pour l’aider. Deux ou trois effrontés filment le drame avec leur cellulaire. Carl, debout et incrédule, réussit à détourner son regard de la scène pour dévisager Diane. Le visage bien maquillé de cette dernière est tout à coup très dur, mais au fond de ses yeux noirs flotte une mélancolie voilée. — La vie n’a rien à foutre de la mort des gens. Les doigts de la peur s’enfoncent dans le ventre de Carl et pétrissent douloureusement ses tripes. Dieu du Ciel ! Qui est cette femme ?

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Extrait ajouté par wizbiz06 2017-12-08T19:34:34+01:00

Quelques secondes d’immobilité mutuelle. Carl a les bras écartés de chaque côté, le tire-bouchon dans la main droite, et est légèrement incliné vers l’arrière, tandis que le jeune est plutôt penché vers l’avant, le couteau tendu devant lui. Comme si elle avait pris un moment pour bien saisir la situation, la peur apparaît enfin et la seule chose qui rassure un peu Carl est qu’il perçoit la même émotion dans le regard fiévreux de son agresseur. Mais il y discerne aussi de la menace, et en comprenant (oh mon Dieu c’était donc vrai) que la visite de cette folle n’était pas un canular, il balbutie en levant sa main libre : — Attends, attends une minute ! T’as pas à… t’es… Tiens  !

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