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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T22:50:49+01:00

Un jour, alors qu’ils étaient jeunes instruits dans le Yunnan – presque une autre vie – , Peiqin, assise près de lui, s’était trempé les pieds dans un ruisseau, un ruisseau clair et paisible qui coulait derrière leur cabane en bambou. À l’époque, leur seul et unique rêve était de retourner à Shanghai, et ils voyaient l’avenir se déployer devant eux comme l’arc-en-ciel dans un ciel d’azur. Un éclat de lumière avait illuminé les ailes d’un geai bleu. Puis une crevette avait pincé l’orteil de Peiqin, qui s’était blottie contre lui, paniquée.

Ils étaient revenus à Shanghai au début des années quatre-vingt, pour vivre dans cette unique pièce de douze mètres carrés et affronter les dures réalités de l’existence. Aucun de leurs espoirs, ou presque, ne s’était réalisé, à part la naissance de leur fils Qinqin, aujourd’hui un grand et beau garçon. Pour eux, l’arc-en-ciel s’était dissipé depuis longtemps.

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T22:50:41+01:00

Ce qui le tracassait le plus, c’était la réaction de sa femme, Peiqin. En quinze ans de mariage, ils avaient toujours cheminé « main dans la main, et parlé, parlé, parlé », pour reprendre le texte d’une chanson populaire. À l’époque où ils étaient « jeunes instruits » dans le Yunnan, puis mari et femme, parmi des millions d’autres couples ordinaires à Shanghai, ils avaient toujours été très proches l’un de l’autre. Or, ces derniers temps, Peiqin semblait plus distante.

Yu pouvait facilement comprendre sa réaction. Jusqu’à présent, il avait peu contribué à l’entretien de la famille. Il fallait le reconnaître, même si c’était assez intolérable : Peiqin gagnait davantage comme comptable d’un restaurant que lui en tant que policier. Et cet écart s’était creusé ces dernières années, car Peiqin avait reçu de nombreuses primes. Sans compter les petits plats gratuits qu’elle rapportait du restaurant. L’annonce de l’attribution avait fait monter Yu d’un cran, pour ainsi dire, dans leur estime à tous les deux. Peiqin, ravie, avait raconté à tout le monde qu’il avait obtenu cet appartement « grâce à son excellent travail ».

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T22:50:32+01:00

Quelques jours plus tôt, le secrétaire du Parti Li, de la Police criminelle de Shanghai, avait eu un long entretien avec Yu, avant de conclure, comme toujours, sur la note positive de rigueur : « La réforme économique conduit à de grands changements, dont beaucoup auraient été inimaginables il y a deux ou trois ans. Notre système de logement est lui aussi concerné. Bientôt, le peuple chinois ne dépendra plus de quotas imposés par le gouvernement. Mon beau-frère, par exemple, a acheté récemment un appartement neuf dans le quartier de Luwan. Et naturellement, vous restez en tête de liste chez nous. Le Service accordera une attention spéciale à votre situation. Enfin, au cas où vous voudriez acquérir un logement dans l’avenir, nous pourrons peut-être vous obtenir un prêt immobilier. »

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Extrait ajouté par ilovelire 2016-02-06T22:50:23+01:00

L’inspecteur Yu Guangming, de la Police criminelle de Shanghai, ne se remettait pas du choc. Il lui avait fallu un certain temps pour intégrer la nouvelle, mais après, quand il avait enfin compris, il s’était senti accablé. Ainsi, après des mois de négociations, l’appartement qu’on lui avait promis dans le Nouveau Village de Tianling lui échappait. Il s’agissait d’un logement neuf qui lui avait été attribué officiellement, et cet événement avait été salué par un tonnerre d’applaudissements au bureau.

Avec plus de treize millions d’habitants, la ville de Shanghai, surpeuplée, connaissait une grave crise du logement Depuis des années, c’était « l’unité de travail » – la Police criminelle de Shanghai, dans le cas de Yu – qui décidait lequel de ses employés obtiendrait une chambre ou un appartement, sur le quota annuel qui lui était alloué par le gouvernement En récompense de ses états de service exceptionnels, Yu s’était vu offrir un deux-pièces. Ou du moins les clés d’un deux-pièces. Mais, avant même qu’il ait eu le temps de s’organiser, l’attribution lui avait été retirée.

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