1 - Marie de France
Poétesse du XIIᵉ siècle, l'énigmatique Marie de France a composé les fameux « Lais », ces courtes pièces en octosyllabes aussi didactiques que divertissantes, où l'amour courtois côtoie parfois le merveilleux des loups-garous.
2 - Pierre de Ronsard & Joachim Du Bellay
Poètes majeurs de la Renaissance, Ronsard et Du Bellay sont certainement les noms les plus connus de la Pléiade, cette coterie de « modernes » qui prônent l'enrichissement du langage poétique afin d'inventer, en français, une littérature qui n'ait rien à envier aux autres langues (mais toujours nourrie des modèles antiques et italiens), et qui consacrent la remarquable forme du sonnet.
3 - Louise Labé
La « belle cordière », ainsi qu'elle est surnommée, est une figure mystérieuse du XVIᵉ siècle littéraire : son identité a fait l'objet de plusieurs théories vraiment peu essentielles à l'appréciation de son œuvre. Une œuvre qui a d'ailleurs fait scandale parce que Louise Labé y exprime librement un amour hors mariage, par moments douloureux, à d'autres érotique.
4 - François de Malherbe
Réformateur de la poésie qui a imposé l'usage de la pure langue française de Paris et qui a réglé la versification, Malherbe est la référence majeure des théoriciens classiques. De 1605 à sa mort, il a écrit des sonnets, des chansons, et surtout des odes et des stances, dont celles célèbres de « La Consolation à du Perrier ».
5 - Pierre Corneille & Molière & Jean Racine
Quoi donc ? Des dramaturges ici ? Évidemment ! Le siècle d'or du théâtre français est aussi celui du vers puisque la plupart des pièces de cette époque ont été écrites selon les lois de la versification. Nourris de rhétorique, Corneille, Molière et Racine ont ainsi produit des œuvres en vers d'une force et d'une beauté exceptionnelles.
6 - Jean de La Fontaine
Auteur renommé des « Fables », qui sont une parfaite illustration de l'art de la concision et de la rhétorique (prégnant au XVIIᵉ siècle), Jean de La Fontaine est un versificateur de génie dont on ignore parfois le style pour échanger des fadaises sur la morale de ses histoires. Poésie didactique dont la visée est autre qu'esthétique (à la différence du sonnet), la fable approche par là de la prose d'idées de Montaigne et de Pascal.
7 - André Chénier
Entre son amour pour l'Antiquité grecque et sa colère contre les adversaires politiques qui le feront guillotiner, André Chénier est à la fois auteur et acteur de la Révolution française. Une partie de son œuvre est marquée par l'imitation qui aboutit à la création originale. Élégies, bucoliques et idylles sont aujourd'hui toutes regroupées dans un recueil sobrement intitulé « Poésies ».
8 - Alphonse de Lamartine
Poète par vocation qui ne fit jamais de la poésie son métier, Alphonse de Lamartine est pourtant l'un des initiateurs du romantisme en France avec ses « Méditations poétiques » de 1820, dans lesquelles de beaux vers comme « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » peuvent être croisés.
9 - Victor Hugo
Est-il besoin de présenter le personnage ? Victor Hugo est l'une des rares figures françaises à avoir composé (avec succès) dans les trois genres majeurs que sont la poésie, le théâtre et le roman ; il a même dominé la poésie du XIXᵉ siècle : « Odes et Ballades », « Les Orientales », « Les Contemplations »... jusqu'à « La Légende des siècles », apogée de son génie.
10 - Alfred de Vigny
L'œuvre poétique d'Alfred de Vigny n'est pas bien considérable par son ampleur, mais la pensée toute philosophique de l'auteur qui imprègne les « Poèmes antiques et modernes » et « Les Destinées » la rend incontournable.
11 - Gérard de Nerval
L'homme qui promenait un homard au bout d'une laisse dans les rues de Paris, c'est lui. Sa vie et son œuvre ont vite été envahies par le rêve alors que lui-même sombrait peu à peu dans la folie : des « Odelettes » aux « Chimères », le monde nervalien est toujours singulièrement multiple.
12 - Charles Baudelaire
Condamné pour immoralité à la parution en 1857 des « Fleurs du mal », Charles Baudelaire est devenu le type du poète « moderne », au carrefour des routes les plus diverses de la poésie française.
13 - Stéphane Mallarmé & Paul Verlaine
Ils ont tous les deux collaboré au « Parnasse contemporain », dont le slogan était « L'art pour l'art », avant de devenir des précurseurs du symbolisme. Créateur de formes poétiques nouvelles, Mallarmé est notamment l'auteur du célèbre poème « Un coup de dés jamais n'abolira le hasard ». Quant à Verlaine, il fait triompher le poème court dans ses « Poèmes saturniens » ou ses « Fêtes galantes ».
14 - Arthur Rimbaud
Ah ! Arthur Rimbaud ! Poète des poètes, très apprécié des jeunes gens qui, selon toute vraisemblance, chérissent davantage sa légende que son œuvre. D'abord en vers dans le recueil « Poésies », son écriture se métamorphose peu à peu jusqu'à faire des « Illuminations » un ensemble de poèmes en prose.
15 - Jules Laforgue
Jules Laforgue est considéré comme l'un des inventeurs du vers libre, vers dont il se sert pour écrire à la fin du XIXᵉ siècle « Les Complaintes ». Grand amateur de néologismes, mots forgés et mots-valises, il a tenté de renouveler ingénieusement la langue française.
16 - Paul Valéry
Influencé par Mallarmé, Paul Valéry a écrit des poèmes, à l'image du « Cimetière marin », dans lesquels signifiés et signifiants ne s'accordent pas. Ça fait de lui un auteur difficile à lire, alors même qu'il est le plus caractéristique de la première moitié du XXᵉ siècle.
17 - Victor Segalen
Pendant poète de Pierre Loti, Victor Segalen est un voyageur. Inventeur et seul maître de la stèle, une forme poétique en versets inspirée par son aventure chinoise, il offre une lecture dépaysante et relaxante dans un contexte poétique torturé.
18 - Guillaume Apollinaire
Guillaume Apollinaire est peut-être le tout premier poète étudié par les écoliers français grâce à ses célèbres et amusants « Calligrammes ». Son recueil « Alcools » fait montre d'un talent indéniable pour la métrique : il a composé le poème « Les Colchiques » en suivant un rythme de chanson.
19 - Saint-John Perse
Poète du désert mais aussi des sonorités, Saint-John Perse, né Alexis Leger, a été lauréat du prix Nobel de littérature en 1960. Son œuvre fait du langage poétique un art sublime, qu'il est du reste agréable de lire à voix haute (c'est aussi l'une des poésies les plus plaisantes à étudier).
20 - Paul Éluard & Louis Aragon & René Char
Poètes de la résistance, ils introduisent une expérience du langage changée : elle est actuelle, imminente. Le langage n'est plus un simple outil, il est une question intérieure. Voir ainsi : « Fureur et mystère » de René Char, « Les Yeux d'Elsa » de Louis Aragon, et « Capitale de la douleur » de Paul Éluard.
21 - Francis Ponge & Henri Michaux
Dans « Le Parti pris des choses » pour le premier et dans « Plume » pour le second, deux recueils en prose, ces poètes nés en 1899 surprennent par l'écriture du quotidien, du médiocre : là une huître, là un cageot, là un rêve de fromage. Au feu les grands thèmes lyriques !
22 - Philippe Jaccottet & Yves Bonnefoy
Voici deux noms qui peut-être vous sont inconnus ; pourtant, leurs phrases servent encore et encore de citations-sujets aux dissertations d'aujourd'hui. Critique littéraire pour l'un, critique d'art pour l'autre, ils ont notamment produit « L'Ignorant » et « Les Planches courbes ».