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Par Folize le 20-10-2016 Editer
Blackcreek, Tome 1 : De plein fouet
- Ça va ? lui demanda Adrianna en montant dans la voiture.
Non ça n’allait pas. Ça n’allait carrément pas.
- Ouais, je suis désolé qu’on soit obligés d’abréger avant même d’avoir vraiment pu commencer. Y a eu un truc. Je pensais pas que mon coloc ramènerait quelqu’un.
- Ça va, t’en fais pas. Il fallait que je rentre tôt de toute façon. Mais je m’inquiète pour toi. Tu étais tellement pâle quand tu es remonté, on aurait cru que tu avais vu un fantôme.
C’est mon ami avec un autre homme, que j’ai vu. Je les ai vus ensemble et j’ai eu envie de…
- Ce n’est que partie remise, dit-il.
- Si tu as de la chance.
Adrianna lui fit un clin d’œil et démarra.
Une part de Cooper était tentée de passer toute la nuit dehors mais il se força à rentrer. Il fut incapable de regarder Noah quand il eut refermé la porte alors il commença à faire les cent pas dans le salon à la place. Il était tellement tendu que ses muscles lui faisaient mal. Son cœur battait comme il n’avait jamais battu.
Et son cerveau ? Putain, il aurait voulu pouvoir le débrancher. Éteindre tout ce qui en lui pouvait penser, ressentir… ou être excité.
- Qu’est-ce qui va pas ? Tu me fiches la trouille.
Noah était appuyé contre le mur du salon, les bras croisés. Cooper gémit. Il n’aurait pas dû le regarder. N’aurait pas dû voir l’inquiétude dans ses yeux. Ses cheveux en bataille parce que des mains avaient joué avec. Il aurait voulu que Noah enfile un t-shirt.
- Putain !
Cooper donna un coup de poing dans le mur. La douleur remonta de sa main jusque dans son bras, mais il s’en fichait. Et il aurait voulu avoir suffisamment mal pour que ça bloque les pensées qui essayaient de se faufiler à l’extérieur.
- Mais merde, siffla Noah. Parle-moi. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ça t’a foutu les boules que je ramène quelqu’un ici ? Ça t’a mis plus mal à l’aise que tu ne le pensais ?
Ouais. Sauf que pas comme il s’y était attendu. Cooper avait carrément envie de pleurer. De crier. Il ne comprenait rien à ce qui se passait, et il aurait voulu incendier ses pensées. Les réduire en cendres pour qu’elles ne puissent plus jamais apparaître dans son cerveau à nouveau. Un rêve, c’était une chose, mais ça ? C’était…
- Qu’est-ce qui cloche chez moi ? Y a un truc qui cloche chez moi.
Il se laissa glisser le long du mur et s’affala au sol. Il s’assit là, le dos contre la paroi, mais avec l’impression que rien ne le retenait.
- Coop, grinça Noah.
Cooper ne put s’empêcher de lever la tête vers lui. La douleur et la compréhension qu’il vit dans ses yeux brun sombre le réconfortèrent, l’effrayèrent et l’embarrassèrent tout à la fois. En cet instant, Noah vit quelque chose en lui que personne n’avait jamais vu avant. Il vit plus profondément que même Coop ne se connaissait.
Et il était incapable de se détourner.
Même si les mots lui faisaient peur, il ne pouvait pas ne pas les dire. Ne pouvait pas ne pas faire confiance à son ami quant à ce qu’il ressentait, même si ça le tuait.
- Je t’ai vu avec lui.
C’était terrible quand la personne à qui vous aviez cru pouvoir toujours tout confier était celle qui vous mettait sens dessus dessous. Celle qui vous donnait envie de vous enfuir. Dont vous aviez besoin de vous éloigner, et pourtant, Cooper ne pouvait se forcer à mettre de la distance entre lui et Noah.
- Putain. Je t’ai vu embrasser ce mec et… qu’est-ce qui cloche chez moi ? J’avais une jolie fille dans mon lit et… merde.
Cooper secoua la tête. Il passa ses deux mains dans ses cheveux et tira, comme si ça pouvait arranger la situation.
- J’ai eu envie de le tuer.
J’ai eu envie d’être lui.
Un vertige le prit. Dieu merci, il était déjà assis. Noah l’observait. Ses yeux intenses le regardaient, cherchaient, et trouvaient toujours des choses en Cooper qu’il était seul à pouvoir voir.
Ils brûlaient la peau de Cooper et ils étincelaient de… putain. Il ne voulait même pas y penser.
Noah fit un pas vers lui mais s’arrêta quand Cooper secoua la tête. Il ne portait que son jean, avec un bouton défait, et Cooper se détestait de remarquer un détail pareil. De regarder comment ses abdos étaient taillés, et les longs muscles de ses bras.
Il tourna violemment la tête dans la direction opposée. Ça ne suffit pas à faire taire son cerveau qui lui disait qu’il n’aurait pas dû penser les trucs qu’il pensait, et tout le reste qui le suppliait d’explorer ça plus avant.
- Cooper, commença Noah.
Mais Coop ferma les yeux et Noah s’arrêta de parler. Ce qui était ridicule, parce que Noah ne pouvait pas voir son visage, mais que d’une façon ou d’une autre, il avait su.
- Je n’ai jamais été jaloux comme ça de toute ma vie.
Il parla si doucement qu’il n’était même pas sûr que Noah puisse l’entendre. Et pourtant, il savait que c’était le cas, et heureusement, car il n’aurait pas été capable de parler plus fort. Il avait vu les mains de Noah sur la taille de l’autre homme tandis qu’il le plaquait contre le mur pour l’embrasser. Il avait vu les ongles de Noah s’enfoncer dans sa chair. Avait vu avec quelle brutalité Noah avait plaqué l’autre contre le mur. Il n’avait pas eu besoin d’y aller doucement. Ça avait été brutal, presque bestial, et ça avait envoyé voler en éclats tout ce que Cooper pensait savoir de lui-même. Ça avait fait vibrer une corde sensible qu’il ne se savait pas posséder et fait naître en lui des sentiments qu’il voulait oublier.
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